Jean-Marc Sylvestre est décédé à l'âge de 79 ans, après une carrière partagée entre les rédactions, les plateaux et l'écriture d'essais. Le site d'actualité Atlantico, où il signait une chronique quotidienne depuis une quinzaine d'années, a rendu compte de sa disparition ce mardi.
Un parcours de vulgarisateur
Économiste de formation, docteur de Paris Dauphine, Jean-Marc Sylvestre débute dans la presse écrite au début des années 1970 et signe ses premiers livres dès cette décennie, à commencer par La France bancale (éditions Robert Laffont). L'écran devient ensuite son principal terrain : à partir de 1994, il commente la conjoncture sur TF1 et LCI, dont il dirigera l'information économique. En parallèle, il enchaîne les ouvrages de pédagogie, comme Petites leçons d'économie ou La France piégée, pensés pour rendre la discipline accessible au plus grand nombre.
La crise de 2008 lui inspire son titre le plus salué, Le Roman vrai de la crise financière (éditions Perrin), écrit avec l'économiste Olivier Pastré et primé en 2009 au prix Turgot du meilleur livre d'économie financière. Le tandem récidivera avec deux essais sur la crise (éditions Fayard). Après avoir quitté TF1 en 2010, il passe par i-Télé avant de rejoindre le site Atlantico. Dans son hommage, le directeur de la publication du site, Jean-Sébastien Ferjou, salue « une voix familière du journalisme économique français mais aussi un tempérament rare ».
Deux récits nés de la maladie
Il ne s'est pas cantonné à l'économie. En 2003, marqué par une grave infection contractée à l'hôpital, il fait paraître Une petite douleur à l'épaule gauche (éditions Ramsay) : celui qui malmenait volontiers la santé publique y dit soudain sa reconnaissance envers elle. Il puisera de nouveau dans l'épreuve de la maladie pour Tout n'est pas foutu ! Le cancer a sauvé ma libido (Albin Michel). Deux textes intimes qui, à côté de ses manuels, dessinent le second visage d'un écrivain.