L'été de la librairie Stendhal à Rome (6/6) | Livres Hebdo

Par Alexiane Guchereau, le 24.08.2019 à 14h00 (mis à jour le 26.08.2019 à 09h01) L'été des libraires

L'été de la librairie Stendhal à Rome (6/6)

Pendant l’été, Livres Hebdo donne la parole à une librairie primée par le Grand prix Livres Hebdo de la librairie. Le tour des librairies se termine à Rome,  avec la Librairie Stendhal qui a reçu le prix de la librairie francophone hors de France.

Livres Hebdo: Qu’est ce que vous apporte le prix que vous avez reçu ?

Librairie Stendhal: Plus que l’importance du prix au niveau d’une librairie particulière, il représente une considération plus générale sur l’exercice de la profession à l’étranger, et nous en avons vraiment besoin dans la mesure où nos conditions d’exploitation se sont vraiment durcies. À l’étranger nous sommes peu aidés, le marché du livre n’est pas encadré et les conditions commerciales sont très dures. Sans compter l’écrasante concurrence d’Amazon qui chez nous livre des ouvrages français dans la journée. Un coup de projecteur sur nos combats ne peut qu’être bénéfique. En attendant une prise de conscience du rôle culturel que nous jouons et un positionnement politique adéquat pour soutenir notre travail.

LH: Quel est votre programme de l’été ?

Pour la librairie, il s’agit d’une période plus creuse, nous en profitons pour prendre des vacances, préparer la rentrée, travailler notre programmation des prochains mois et les deux festivals que nous proposons à l’automne : Italiques en octobre et La semaine des possibles en novembre. C’est un temps de réflexion aussi sur les directions à prendre.

LH: Quels livres conseilleriez-vous pour cet été ?

J’aime conseiller des classiques ou des choses plus exigeantes, qui nécessitent un temps de lecture plus long. En Italie comme en France, la situation politique nous fait penser qu’il faut relire Le Prince de Machiavel ! Mais pour ceux qui ne les ont pas lus, je conseille Homo Domesticus de James C. Scott (La Découverte) , Le capitalisme patriarcal de Silvia Federici ou Un féminisme décolonial de Françoise Vergès chez La Fabrique.

LH: Quels livres attendez-vous pour la rentrée ?

En littérature, j’attends Chimère d’Emmanuelle Pireyre (L’Olivier) et Propriété privée de Julia Deck (Minuit). Pour les essais, Les besoins artificiels de Razmig Keucheyan (Zones-La Découverte), Une écologie des relations de Philippe Descola (CNRS éditions), Le dernier homme et la fin de la révolution de Mitchell Dean et Daniel Zamora (Lux) et les deux nouveaux livres de Giorgio Agamben et de Jean Baudrillard chez PUF. J’attends aussi en général les nouvelles propositions d’éditeurs ou de collections que nous aimons et suivons car beaucoup constituent encore des catalogues et il est de notre devoir de les repérer et les soutenir.
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