Les éditeurs scolaires dans l’expectative | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, le 09.01.2014 à 17h17 (mis à jour le 09.01.2014 à 19h12) Education

Les éditeurs scolaires dans l’expectative

Isabelle Magnard, présidente de Savoir Livre - Photo DR

La définition des nouveaux programmes et le vote de crédits pour les manuels accompagnant la réforme de 2015 semblent incertains pour les spécialistes du secteur.
 

«C’est dans un climat de grande incertitude sur les délais et les moyens des réformes annoncées» que les éditeurs scolaires se préparent aux réformes des programmes, qui doivent entrer en vigueur en septembre 2015, a déclaré Isabelle Magnard, présidente de Savoir Livre lors de la présentation des vœux de l’association, regroupement des grandes maisons du secteur.
 
«Selon le nouveau dispositif, le Conseil supérieur des programmes va d’abord proposer les grandes lignes des apprentissages par cycles et par champs disciplinaires du CP à la 3e, et la Direction générale de l’enseignement scolaire précisera ensuite les progressions par matières et par niveau. Une mécanique un peu longue pour des délais très courts, quand on sait que les nouveaux programmes seront mis en consultation dès le printemps prochain pour une publication en septembre»,  s’inquiète-t-elle.
 
«Côté budgets, le financement des manuels au collège connaît actuellement une baisse historique, puisque les montants inscrits dans la loi de finances 2014 ont été divisés par deux par rapport à 2013 et sont ainsi quatre fois moins élevés que pour les réformes des années 2005 à 2012. Ils permettront de financer en moyenne  ½ manuel par élève de collège (ou 2 manuels par élève si un seul niveau de classe est doté), toutes disciplines confondues», ajoute la présidente de Savoir Livre.
 
La plupart des manuels viennent d’être renouvelés, et le corpus des disciplines ne change pas. Aucun achat massif ne se justifie donc cette année, mais «le risque que ces budgets ne remontent pas en 2015 à des niveaux suffisants pour équiper les collégiens en livres et ressources numériques conformes aux nouveaux programmes, est réel», s’alarme Isabelle Magnard.
 
Les éditeurs vont donc poursuivre leur travail de sensibilisation des pouvoirs publics et des élus. L’an dernier, lors de la discussion sur la loi de refondation de l’école, ils se sont mobilisés. Depuis l’été 2013, ils organisent aussi «des rencontres avec les responsables de l’éducation dans les régions». Cette année, Savoir Livre lancera aussi sa troisième étude auprès des enseignants sur l’usage des ressources numériques.
 
Le CNS et le KNE, les plateformes numériques scolaires d’Editis et d’Hachette Livre, se sont également entendues pour proposer un connecteur standardisé pour simplifier l’accès des environnements numériques de travail des établissements scolaires à leurs contenus.
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