Disparition

L'écrivaine Catherine Paysan s'est éteinte

Catherine Paysan.

L'écrivaine Catherine Paysan s'est éteinte

L'écrivaine avait 93 ans et laisse une œuvre éclectique, récompensée par le Goncourt de la nouvelle et le Grand prix du roman de la SGDL.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 22.04.2020 à 19h55,
Mis à jour le 22.04.2020 à 20h42

La romancière Catherine Paysan, auteure d'une dizaine de romans ainsi que de six récits autobiographiques, de recueils de nouvelles et de poésie, est décédée mercredi 22 avril, au Mans, à l'âge de 93 ans, a-t-on appris auprès de la municipalité de Bonnétable (Sarthe) où elle résidait.

Très attachée à sa région, l'écrivaine à la chevelure rousse, née Annie Roulette le 4 août 1926,  avait été lauréate du Grand prix du roman de la Société des gens de lettres (SGDL) pour Nous autres les Sanchez (Denoël), en 1961, Grand prix de la société des gens de lettres (SGDL) pour l'ensemble de son œuvre, en 1977, prix des Libraires pour Les feux de la Chandeleur (Denoël), en 1966, et le Goncourt de la nouvelle pour son recueil Les désarmés (Albin Michel), en 2000.

Avec Bukowski chez Pivot

Son passage à "Apostrophes", l'émission littéraire animée par Bernard Pivot, le 22 septembre 1978, avait marqué les esprits. Catherine Paysan était la seule femme invitée ce soir-là sur le plateau, en compagnie notamment du romancier et journaliste François Cavanna et de l'écrivain américain Charles Bukowski.

L'auteur des Contes de la folie ordinaire avait apporté avec lui plusieurs bouteilles de sancerre. Bientôt ivre, il ne s'exprimait plus que par borborygmes grossiers et injurieux. Alors que Pivot présentait le livre de Catherine Paysan, l'écrivain américain s'était levé, titubant, et s'était penché sur la romancière pour tenter de caresser l'un de ses genoux. "Oh! bien ça, c'est le pompon!", s'écria alors, par deux fois, la romancière dans l'hilarité générale. "J'ai bien fait de mettre une jupe fendue", avait-elle dit tandis que Bernard Pivot tançait gentiment Bukowski en lui lançant: "Décidément, vous êtes vraiment obsédé".
 



Catherine Paysan  écrit son premier recueil de poèmes, Tous deux, autofinancé et rentabilisé. Enseignante, elle rencontre alors un prisonnier de guerre allemand dans la forêt de Bonnétable et part pour l'Allemagne où elle enseignera le français dans la zone occupée durant l'après-guerre. Elle raconte cette période dans L'Amour là-bas en Allemagne (Albin Michel, 2006). De retour en France, elle poursuite sa carrière dans l'Education nationale, avant de se lancer dans l'écriture. Elle s'y consacrera entièrement à partir de 1974.

Les Feux de la chandeleur

Elle écrit sous son pseudonyme – un hommage aux racines agricoles du pays et à la nature – onze romans, parmi lesquels Le clown de la rue Montorgueil (Denoël, 1978), Dame Suisse sur un canapé de reps vert (Grasset, 1981), La route vers la fiancée (Albin Michel, 1992) et La prière parallèle (Albin Michel (2003). Parallèlement, elle rédige six ouvrages autobiographiques entre 1971 (Comme l'or d'un anneau, prix Sully-Olivier de Serres) et 2017 (L'enterrement d'un juif hongrois, Albin Michel, 2017) , dont le plus connu reste Le Passage du SS (Albin Michel, 1997). Sa bibliographie comprend aussi deux recueils de nouvelles, deux de poésie et deux pièces de théâtre.
 


Ses récits ont été adaptés au cinéma et à la télévision, notamment Les Feux de la chandeleur, réalisé en 1972 par Serge Korber, avec Annie Girardot et Jean Rochefort. En 2009, un documentaire pour la télévision allemande, Liebe unerwünscht - ein Kriegsgefangener in Frankreich, revenait sur sa période en Allemagne occupée, à partir de son livre L'Amour là-bas en Allemagne.

 

 







 

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