Premier Roman/France 22 août Géraldine Dalban-Moreynas

Si on était dans une comédie de boulevard, cela aurait pu s'appeler « Voisin voisine ». On n'en est pas si éloigné, même si l'héroïne - dont on ne connaîtra jamais le prénom, pas plus que celui des autres protagonistes, comme pour instaurer une forme de distanciation, voire de généralisation - souffre mille morts, craque, met plusieurs fois sa propre vie en miettes, tout ça pour un type peu recommandable. Il a tout du profil classique : marié, une fille, vivant dans un bel appartement, juste deux étages au-dessus du loft luxueux de l'héroïne et de son compagnon (qui voyage tout le temps). Il se prétend amoureux d'elle, le lui prouve parfois (ils mettent quand même quatre mois avant de faire l'amour « complètement » et mènent une double vie clandestine) et lui jure ses grands dieux qu'il va tout avouer à sa femme, la quitter, divorcer, et refaire sa vie avec elle. Parce qu'elle est le seul grand amour de sa vie...

« Mon œil », aurait dit Zazie. Mais ici, on est chez les bobos, alors on ne parle pas comme ça, on souffre en silence, on ment, on fait souffrir les autres - qui finissent quand même par deviner le pot aux roses. On piétine égoïstement les vies des conjoints. Et, au final, plutôt qu'entamer une psychothérapie, l'héroïne écrit un livre. Une histoire très contemporaine, qui renouvelle les schémas de la comédie de mœurs en mettant en scène le mari et sa femme, l'amant et la sienne. Cela nous vaut un premier roman réussi, vif, assez ironique, et peut-être pas autobiographique.

Géraldine Dalban-Moreynas
On ne meurt pas d’amour
Plon
Tirage: 8 000 ex.
Prix: 17 euros ; 192 p.
ISBN: 9782259279109

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