Jeunesse

Le salon de Montreuil sans scolaires mais en famille

Les allées du Salon de Montreuil 2015 - Photo OLIVIER DION

Le salon de Montreuil sans scolaires mais en famille

Dans le contexte de l'état d'urgence, le 31 Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil a accueilli moins d'enfants, mais un public familial nombreux pendant le week-end, avant la journée professionnelle de lundi. 

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Par Claude Combet,
à Montreuil ,
Créé le 06.12.2015 à 23h32,
Mis à jour le 07.12.2015 à 00h00

"Je suis contente, le salon s'est tenu comme on l'avait prévu et le public était au rendez-vous", se félicite Sylvie Vassallo, directrice du SLPJ 93, qui n'a pas ménagé ses efforts avec son équipe pour maintenir envers et contre tout, et notamment les contraintes de l'état d'urgence, le 31e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, qui se déroule jusqu'au 7 décembre.

135000 à 140000 visiteurs

Alors que la journée professionnelle, qui sera aussi ouverte au grand public, n'a pas encore eu lieu, elle estime le nombre de visiteurs entre 135 000 et 140 000 (contre 162 000 l'an dernier). Pour les éditeurs comme pour les visiteurs, venir au Salon était un acte militant. L'ambiance était à la bonne humeur et au plaisir de se retrouver ensemble malgré l'état d'urgence instauré par le gouvernement après les attentats du 13 novembre. "C'était humainement très fort. C'était important pour les gens d'être là et ça m'a réconfortée" déclare la libraire Delphine Beccaria. Tous les éditeurs "s'attendaient à une catastrophe et ce ne fut pas le cas" expliquent-ils. "En ces temps difficiles, les gens ont besoin d'aller vers le livre. Cela reste une valeur sûre comme cadeau : ils n'achèteront pas des jouets avec des armes ou des soldats cette année" assure Frédéric Lavabre, fondateur de Sarbacane. 

40 rencontres délocalisées

Seuls 7 000 enfants sur les 30 000 inscrits sont venus dans le cadre des centres sociaux et centres de loisirs, les sorties scolaires n'ayant été autorisées par le ministère de l'intérieur que le premier jour du salon, le mercredi 2 décembre. Pour pallier cette absence, le Slpj 93 a délocalisé 40 rencontres avec les auteurs dans les écoles et les collèges. Il a aussi acheté 12 000  Chèques-Lire à 8 euros, qu'il a dépensé sur le salon, et il portera les livres cette semaine dans les classes.

Si les journées de mercredi, jeudi et vendredi, pourtant gratuites, ont été mauvaises (- 50 % de chiffre d'affaires pour certains stands), le Salon s'est animé vendredi à partir de 17h, "après la fermeture des écoles et des bureaux" (le Slpj 93 annonce 2 000 visiteurs pour la nocturne). Les visiteurs sont aussi venus le week-end, un peu moins nombreux le samedi que l'an dernier mais bien présents dimanche. Si on pouvait se déplacer dans les allées, les stands étaient très occupés. "Notre stand est un peu plus grand mais surtout nous avons eu le temps de faire notre métier de libraire, de présenter les livres, d'accompagner les clients, en demande d'échanges et de discussions" raconte la libraire Delphine Beccaria, qui tient le stand Hélium. "Les gens se sont mobilisés, ceux qui sont venus étaient motivés et ont acheté" confirme Cécile Terrouane, directrice d'Hachette Jeunesse Roman. 

Chiffre d'affaires en baisse

"A périmètre égal, en cumul à samedi soir, et en faisant une moyenne entre les petits et les grands stands, on enregistre une baisse de 25 % et à dimanche soir, de 20 %", estime le libraire Jean-Marie Ozanne (Folies d'encre) qui tient une quinzaine de stand. Avec moins de Chèque-Lire et donc de livres à petits prix, les ventes d'albums ont plutôt bien marché et des éditeurs comme Hélium, Les grandes personnes, MéMo, les Fourmis rouges ont fait un tabac. "Le panier moyen est plus élevé même s'il ne compense pas totalement les ventes de l'an  dernier" souligne Guillaume Fabre, de l'Ecole des loisirs. Parallèlement, la belle exposition sur Alice au pays des merveilles, la programmation et les signatures ont bien fonctionné et on faisait la queue devant Timothée de Fombelle, Benjamin Lacombe et les quatre auteurs de U4. 

Certains professionnels sont aussi venus jeudi et vendredi du fait de la gratuité. "Nous avons vu des bibliothécaires et des responsables de salons, reconnaissables à leurs chariots", raconte Ilona Meyer, fondatrice des Editions des éléphants, présente pour la première fois. Tous les professionnels inscrits viendront-ils lundi à la journée professionnelle ? "Certains bibliothécaires de province auront peut-être peur de venir à Paris" s'inquiète Sylvie Vassallo, qui attend aussi le grand public, pour lequel le Salon sera à nouveau gratuit.





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