L'écrivain François Taillandier est mort dans son appartement parisien quelques jours après son 71e anniversaire. Manuel Carcassonne, directeur des éditions Stock et éditeur de plusieurs de ses ouvrages, salue auprès de Livres Hebdo « un romancier subtil, à l’aise avec le passé comme avec nos sociétés du loisir sur lesquelles il jetait un regard ironique et distancié. » « Il n’était pas dupe, ni enrôlé parmi les romanciers de la facilité. Son regard si humain nous manquera. Toute la maison Stock, où il a publié tant de livres, s’associe à moi », ajoute-t-il.
Né à Clermont-Ferrand le 20 juin 1955, François Taillandier a fait des études de lettres avant d'enseigner le français à Nantes puis de se tourner vers le journalisme. Collaborateur de Livres Hebdo, du Figaro littéraire, de La Revue des Deux Mondes, de Famille chrétienne ou encore de L'Humanité, il a mené parallèlement une œuvre romanesque exigeante.
Après plusieurs romans de jeunesse publiés chez Robert Laffont dans les années 1980, qu'il considérait lui-même avec sévérité, il publie Les Clandestins (Stock, 1990) puis Les Nuits Racine (Stock, 1992), couronné par le prix Nimier. Il remporte également le grand prix du Roman de l'Académie française pour Anielka en 1999 (Stock).
Accueilli et défendu par Jean-Marc Roberts, d'abord chez Fayard puis chez Stock, François Taillandier poursuit une œuvre romanesque dense avec Tous les secrets de l'avenir (Fayard, 1996), Des hommes qui s'éloignent (Fayard, 1997), Le Cas Gentile (Stock, 2001) ou encore Il n'y a personne dans les tombes (Stock, 2007). À travers ces livres se déploie une même interrogation : que devient la responsabilité individuelle dans une société où les repères moraux, spirituels et historiques semblent s'effacer ?
Ancien président de la SGDL
Figure respectée du monde littéraire, François Taillandier fut également président de la Société des gens de lettres en 2006. Candidat à l'Académie française en 2009 puis en 2018, il ne fut jamais élu sous la Coupole.
L'ambition de l'écrivain trouve son accomplissement dans La Grande Intrigue, immense cycle romanesque publié chez Stock entre 2005 et 2010. Conçu à la manière de La Comédie humaine de Balzac, ce vaste ensemble suit sur plusieurs décennies les transformations de la société française à travers une multitude de personnages dont les destins se croisent et se répondent.
Catholique revendiqué, observateur attentif de son époque, François Taillandier s'est également illustré comme essayiste et chroniqueur. Avec L'Écriture du monde (Stock, 2013. Plus de 11 000 exemplaires vendus), il s'était tourné vers le roman historique avant de publier François (Stock, 2019), récit autobiographique où il faisait revivre la France de son enfance.
