Disparition

Le philosophe marxiste Lucien Sève est mort

Lucien Sève - Photo L'HUMANITÉ, CAPTURE D'ÉCRAN VIDÉO

Le philosophe marxiste Lucien Sève est mort

Figure du Parti communiste français, dont il fut l'un des intellectuels les plus reconnus, le penseur s'est éteint, le 23 mars, à l'âge de 93 ans, emporté par le coronavirus.

Par Nicolas Turcev,
Créé le 24.03.2020 à 14h00,
Mis à jour le 24.03.2020 à 14h01

Le philosophe marxiste Lucien Sève, militant et membre actif du Parti communiste français, est mort le 23 mars, à l'âge de 93 ans, à la suite d'une contamination au coronavirus. Son œuvre, consacrée en grande partie à l'analyse marxiste des sociétés et à la réflexion sur le communisme d'hier et d'aujourd'hui, s'étend sur près de 70 ans. Son dernier ouvrage est le quatrième volet de son anthologie Penser avec Marx aujourd'hui, paru à La Dispute en 2019.

Formé à l'Ecole normale supérieure dans les années 1940, Lucien Sève devient professeur de philosophie au Lycée français de Bruxelles, en 1950. Il sera déchu de ce poste pour "propagande marxiste" mais parvient à éviter la révocation totale de l'Education nationale en étant affecté à une unité disciplinaire de l'armée, qui mène alors la guerre en Algérie.

Lent divorce

Militant indéfectible du Parti communiste français, il est élu à son comité central en 1961, et sans discontinuer jusqu'en 1994. Entretemps, il développe dans de nombreux ouvrages son interprétation du marxisme, notamment dans Marxisme et théorie de la personnalité, qui le voit s'opposer à Louis Althusser, alors le philosophe en vogue au PCF. L'analyse du marxisme de Lucien Sève, agencée autour de l'essence humaine et du devenir de la personne, s'oppose en partie à l'interprétation structuraliste qui prédomine dans le champ des études sociales en France.

A partir de 1970, il dirige les éditions du Parti. Il quitte cette fonction en 1982, sur fond de désaccord avec le Bureau politique. Deux ans plus tard, alors que sa famille politique vient d'encaisser de lourdes pertes aux municipales, il fait partie de ceux qui proposent une "refondation" du PCF.

A la suite des élections régionales de 2010, il quitte le Parti communiste, déçu par son "raidissement démocratique" et sa transformation ratée. Pour lui, finalement, "l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes", indique-t-il dans un post de blog, en référence à l'aphorisme de Marx.

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