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Le patron de Payot ne veut plus du prix unique du livre en Suisse

Pascal Vandenberghe, Librairies Payot - Photo OLIVIER DION

Le patron de Payot ne veut plus du prix unique du livre en Suisse

Dans un court essai publié aux éditions de l’Aire, le P-D.G. de la plus grosse enseigne de librairies suisses, Pascal Vandenberghe, explique les raisons pour lesquelles il s’oppose à une initiative parlementaire réclamant la réglementation du prix du livre.

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Par Cécile Charonnat,
Créé le 17.06.2021 à 06h00,
Mis à jour le 17.06.2021 à 06h00

Presque un an après la publication de son autobiographie, Le funambule du livre, le président des librairies Payot en Suisse, Pascal Vandenberghe, reprend la plume. Le 17 juin, il publie, toujours aux éditions de l’Aire, un court essai intitulé Réglementer le prix du livre en Suisse : urgente nécessité ou fausse bonne idée ?
 
Ecrit en réaction à une nouvelle initiative parlementaire déposée en mars 2021 visant à instaurer le prix unique du livre en Suisse – une première loi avait été retoquée lors d’un référendum en 2012 - le texte de 70 pages détaille les raisons pour lesquelles le libraire, férocement favorable au projet il y a dix ans, « retourne sa veste » aujourd’hui. "La situation a changé", indique Pascal Vandenberghe qui trouve que cette "initiative n’est pas opportune".
 
Un combat perdu d’avance
 
Pour le P-D.G. de Payot, l’un des premiers prérequis pour mener ce combat fait cruellement défaut. "La profession n’est pas du tout unanime sur cette question, au contraire ! Les prises de positions plus ou moins officielles vont même plutôt à l’encontre", soutient le libraire qui déplore également un manque de consultation préalable de l’ensemble de la profession.
 
Second point d’achoppement, la certitude que ce combat est perdu d’avance. "Il n’y a aucune raison d’imaginer que la population alémanique, qui a voté massivement contre en 2012, ait changé d’avis aujourd’hui. Les mentalités y sont très libérales et voient d’un très mauvais œil des réglementations s’ajouter aux règlementations, analyse Pascal Vandenberghe. D’autant que la librairie ne bénéficie pas d’une aura symbolique comme en France. Là-bas, c’est juste un commerce comme un autre", complète le libraire qui redoute également le "réflexe porte-monnaie. Comment leur faire comprendre que réglementer le prix du livre ne signifie pas l’augmenter ? Dans ces conditions, partir au combat c’est aller droit dans le mur."
 
Troisième facteur déterminant, l’appréciation du franc suisse depuis la disparition du taux plancher de conversion il y a dix ans. "Le franc est trop fort par rapport à l’euro, ce qui renchérit mécaniquement le prix du livre. Tant que nous resterons à ce niveau, il me parait difficile de remettre la question de la réglementation sur la table. Ce serait automatiquement faire resurgir dans les têtes l’enjeu du prix alors que nous avons patiemment réussi à le faire accepter", assène Pascal Vandenberghe.
 
Enterrer le projet
 
Plutôt que de se lancer dans une bataille aussi hasardeuse, le libraire préfère dresser, à la fin de l’ouvrage, une liste de "priorités rapidement et facilement réalisables" qui pourraient apporter un soutien effectif à la profession. Y figure notamment le classement du livre en bien essentiel, une réflexion sur les frais d’expédition des ouvrages, un label pour les "vraies librairies" et l’appel aux collectivités pour acheter leurs livres dans des librairies suisses.
 
Destiné avant tout aux élus et aux politiques, l’essai a pour but assumé de "faire enterrer cette initiative au moment où elle passera en commission, d’ici quelques mois", assume le P-D.G. de Payot. Une traduction en allemand devrait d’ailleurs paraitre à la rentrée en Suisse alémanique.
 

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