Le patrimoine documentaire à l’honneur à la BNF | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, le 12.01.2018 à 14h57 (mis à jour le 12.01.2018 à 15h18) Mémoire du monde

Le patrimoine documentaire à l’honneur à la BNF

La Mappa Mundi d’Albi - Photo MEDIATHEQUES GRAND-ALBIGEOIS

La Bibliothèque nationale de France accueillait, jeudi 11 janvier, les acteurs de Mémoire du monde. Le programme de l’Unesco dédié à la préservation du patrimoine documentaire dans le monde dresse un bilan positif.

"Nous avons plus de ressources que le programme n’en a jamais eu les vingt-cinq dernières années", affirme M. Boyan Radoykov, qui supervise la mise en œuvre du programme de l’Unesco Mémoire du monde, consacré à la préservation et à l’accessibilité du patrimoine documentaire, qu’il soit imprimé, graphique, audiovisuel ou numérique. Accueillis pour une réunion d'information par la Bibliothèque nationale de France, jeudi 11 janvier, les acteurs du programme ont dressé un bilan enthousiaste sur les avancées des dernières années, sans nier les faiblesses actuelles.
 
Si la prise de conscience de la fragilité du patrimoine documentaire menacé date de la fin du XXe siècle, le déficit de considération pour le patrimoine écrit compte parmi les obstacles auquel se heurte régulièrement le programme. Pour que le public s’y intéresse, "il faut qu’il y ait une tragédie", regrette Gérald Grunberg, évoquant notamment le sort des manuscrits de Tombouctou, déplacés d’urgence de la ville sous occupation jihadiste en 2012 pour être placés en lieu sûr à Bamako. "On a du travail pour continuer à sensibiliser au patrimoine documentaire", reconnaît Gérald Grunberg.
 
"L’inscription a été une caisse de résonance"

Mémoire du monde a inscrit 15 biens français à son registre international. A l’Appel du 18 juin 1940, archives hybrides inscrites en 2005, et la Tapisserie de Bayeux, en 2007, viennent s’ajouter la récente inscription des archives des éditions du Père Castor, en novembre 2017, rendant ainsi hommage à leur créateur Paul Foucher (1810-1875). "C’est la première inscription d’un fonds d’éditeur de livres pour la jeunesse à l’Unesco", souligne Gérald Grunberg, président du Comité français Mémoire du monde.

Depuis octobre 2015, la Mappa Mundi d’Albi, l’une des deux plus anciennes cartes du monde, est également inscrite sur le registre. "L’inscription a été une caisse de résonance", se réjouit Jocelyne Deschaux, directrice du réseau des médiathèques du Grand Albigeois (Tarn). Avec ce classement, la médiathèque Pierre-Amalric d’Albi, où est conservée la carte, a pu réveiller l’attention des élus, du public et des chercheurs sur le caractère exceptionnel de ce patrimoine. Cette carte de la deuxième moitié du VIIIe siècle a ainsi fait l’objet de plusieurs mises en lumière à travers des expositions, des animations ou encore une expertise optico-physico-chimique pour révéler ses secrets. Un documentaire de Patrice Desenne, La Mappa Mundi d’Albi, le monde d’hier, sera projeté le 22 janvier à la Scam à Paris.

Depuis sa création en 1992, le programme compte près de 450 inscriptions à son registre international. "Les inscriptions sont exponentielles", se félicite M. Radoykov. En 2016, Mémoire du monde recueillait 130 propositions, dont 73 ont été retenues, contre 88 propositions en 2014. En 2018, le programme poursuit une période de réforme qui stoppe les inscriptions jusqu’en 2019. "Le patrimoine est devenu un enjeu politique à l’échelle internationale", ajoute Daniel Janicot, président de la Commission nationale française pour l’Unesco. 107 pays ont bénéficié du programme.
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