Distribution

Le ministère du travail refuse le chômage partiel à Amazon

Les entrepôts d'Amazon à Lauwin Planque, dans le département du Nord - Photo OLIVIER DION.

Le ministère du travail refuse le chômage partiel à Amazon

La fermeture des sites français de l'entreprise est liée à une décision de justice et non à une baisse de l'activité, a estimé le gouvernement.

Par Nicolas Turcev,
Créé le 05.05.2020 à 16h05,
Mis à jour le 05.05.2020 à 17h00

Amazon France ne bénéficiera pas du dispositif de chômage partiel, a annoncé le ministère du Travail, le 4 mai. La fermeture des sites de l'entreprise "n'est pas liée à une baisse d'activité mais à une décision de justice", justifie le cabinet de Muriel Pénicaud dans les colonnes du Monde.

Après sa condamnation, confirmée en appel, par le tribunal judiciaire de Nanterre, le 14 avril, à restreindre ses livraisons aux produits essentiels, le géant de la distribution avait décidé de fermer ses six sites français. Les juges demandaient à la filiale hexagonale de la firme américaine de réévaluer les risques sanitaires dans ses entrepôts.

Selon Amazon, l'astreinte de 100000 euros par jour et par colis non autorisé décidée par la cour d'appel de Versailles faisait courir un trop grand danger à ses finances, d'où l'arrêt total de l'activité en France. Les syndicats dénoncent, eux, un moyen détourné de se soustraire à une décision de justice.

Des livraisons depuis l'étranger

Depuis, Amazon s'appuie sur ses autres sites européens (Allemagne, Italie, Espagne...) pour assurer les livraisons en France, tandis que les 10000 salariés français de l'entreprise renvoyés chez eux touchent la totalité de leur paye. Le dispositif du chômage partiel aurait pu permettre à Amazon de se décharger de 70% du salaire brut (84% du net) grâce au financement de l'Etat.

Les principaux syndicats présents au sein d'Amazon, Sud, CGT, CFDT et FO, avaient manifesté leur opposition, le 3 mai, à ce que le numéro 1 du commerce en ligne bénéficie du dispositif. "Cette démarche est proprement indécente tout comme le serait son éventuelle acceptation : en effet, ce dispositif a été mis en place pour venir en aide aux salariés des entreprises dont l’activité est rendue impossible dans la période, comme la restauration ou les commerces non essentiels", écrivaient les organisations dans un communiqué commun.

Une réunion avec les représentants du personnel devait se tenir le 5 mai dans la mâtinée, afin d'entériner une prolongation de la fermeture des entrepôts jusqu'au vendredi 8 mai.

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