Le livre se donne plus qu'il ne se revend | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 07.08.2014 à 15h39 (mis à jour le 25.08.2014 à 12h35) Etude

Le livre se donne plus qu'il ne se revend

Le livre n'est pas un bien comme les autres selon l'étude de l'Iddri concernant l'Economie du partage : il se donne plus qu'il ne se revend. 

L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), rattaché à Sciences-Po, a publié fin juillet une étude sur l’Economie du partage, ses enjeux et opportunités pour la transition énergétique. Revente, don, troc, emprunt, location de court terme, ces nouveaux modèles, monétarisés ou non, permettent souvent d’augmenter la durée d’usage de biens consommateurs de ressources, parmi lesquels le livre. C'est aussi une économie parallèle en plein boom et qui, aujourd'hui menace des professions jusque là protégées.
 
Dans leur étude, Damien Demailly et Anne-Sophie Novel ont mesuré le poids des biens partageables aussi bien dans les dépenses que dans les déchets des ménages. 23% des biens achetés sont partageables et 33% des biens jetés sont partageables. Le secteur culturel et ludique (livres, jeux, cd, dvd) est l’un des secteurs les plus faibles aussi bien dans les dépenses que dans les déchets. Il semble moins exposé que les autres.
 
75% des livres non conservés sont donnés

Selon l’étude, qui reprend des données du Credoc, la seconde vie des livres est essentiellement non monétarisée puisque 75% des répondants à l’enquête ont répondu que les livres qui ne sont pas conservés sont donnés, 11% qu’ils sont jetés ou stockés quand seulement 12% affirment les revendre et 10% les troquer. Le livre est ainsi, avec les vêtements pour enfants, le seul objet qui est essentiellement donné quand le téléphone est plutôt jeté (71%) ou l’automobile revendue (68%). C’est aussi le produit le plus troqué, devant les DVD.
 
Par ailleurs, le livre, le Dvd ou le matériel de bricolage se distinguent aussi par leur capacité à être mutualisé (notamment avec les prêts en bibliothèques en ce qui concerne le livre). « Les modèles de mutualisation (location et emprunt de courte durée) sont beaucoup moins développés – ne serait-ce que parce peu de biens s’y prêtent aisément » indique l’étude.
 
Cependant, l’économie de partage, selon, eux, est un vecteur de croissance, même s’il n’est pas mesuré dans le PIB.  Il s’agit d’une consommation additionnelle qui prend de plus en plus de place dans l’économie, notamment à cause de la crise économique et de la prise de conscience écologique. Le don comme la revente de biens permettent de gagner en pouvoir d’achat. Malgré cela, l’étude souligne que le système fiscal n’a pas été créé pour une économie en pair-à-pair, alors que les plateformes numériques permettent de plus en plus la traçabilité des échanges. Si les consommateurs se sont emparés de cette économie collaborative, la réglementation demeure complètement inadaptée : distorsion fiscale, concurrence déloyale, revenus non déclarés, …
 
Selon l’enquête BVA parue il y a deux mois sur le sujet, 77% des Français ont déjà récupéré ou vendu des produits d’occasion et 67% ont déjà procédé à un troc ou des échanges de biens au cours de la dernière année. Pour 85% des Français, le coût est le principal motif, devant l’impact sur l’environnement (76%).

Dans cette même enquête, 15% des Français avouaient avoir déjà échanger des livres.
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