Le chiffre d'affaires de l'édition à -4,4% en 2018 | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 27.06.2019 à 13h00 (mis à jour le 27.06.2019 à 18h43) Bilan

Le chiffre d'affaires de l'édition à -4,4% en 2018

Le SNE dévoile les chiffres de l'édition 2018-2019. - Photo SYNDICAT NATIONAL DE L'ÉDITION

Les manifestations des « gilets jaunes », l’absence de réforme des manuels scolaires et une rentrée littéraire modeste expliquent le recul de l’activité des éditeurs français selon le rapport annuel du Syndicat national de l’édition. 

A 2,67 milliards d’euros, le chiffre d’affaire de l'édition française a reculé de 4,4% en 2018, selon le rapport statistique annuel du Syndicat national de l’édition (SNE) rendu public jeudi 27 juin. D'après le SNE, le nombre d’exemplaires vendus a chuté de 2,5% l'an dernier, par rapport à 2017. 

Le SNE explique la baisse de l’activité des éditeurs par un ensemble de facteurs: l’absence de réforme scolaire qui avait dopé le chiffre d’affaires du secteur en 2016 et 2017 suite à la refonte des manuels du collège, une "rentrée littéraire [qui] n’a pas su pleinement rencontrer les attentes du public" et, surtout, les manifestations hebdomadaires des « gilets jaunes » qui ont "freiné l’achat de livres" à la veille des fêtes de fin d'année, selon le rapport. 

-1,62% sans le scolaire

Principale composante du chiffre d'affaire de l'édition, les ventes de livres ont reculé de -4,9% par rapport à 2017. Toutefois, en excluant les résultats du secteur scolaire (-24,5%), la baisse est ramenée à -1,6%. Deuxième composante du CA de l'édition, les cessions de droits (en poche, traduction ou adaptation audiovisuelle) ont, elles, bondi de 5,4% pour s'établir à 145,4 millions d’euros, soit 5,4% du total. 

Mécaniquement, les droits d’auteur accusent eux aussi une baisse de 2%. "Malgré cette baisse en valeur absolue, le poids des droits d’auteur dans le chiffre d’affaires des maisons a augmenté" de 0,4 point et compte pour 11%, souligne le SNE. 

Si la production de titres a légèrement augmenté (+2%) selon les données communiquées par le SNE, la production en exemplaires et le tirage moyen sont tous deux en repli de respectivement -3,3% et -5,2%. 

Quatre segments éditoriaux en croissance

L’évolution du chiffre d’affaires par segment éditorial a été fortement bousculée en 2018 par rapport à l’année précédente. En forte baisse en 2017 (-16,7%), les documents d' actualité et les essais renouent avec la croissance (+6,1%). On observe la même inversion pour la jeunesse (+ 2,1%), le pratique (+0,8%) et la religion et ésotérisme (+0,3%). En revanche, les ouvrages de documentation (-10,8%), les bandes dessinées, comics et mangas (-0,5%), et la littérature (-5,7%) enregistrent un repli après une année 2017 marquée par la croissance. 

Le chiffres d’affaires du format poche enregistre une très légère baisse de 0,6% en valeur et de 1,1% en volume. Sa résistance en fait "un secteur stratégique pour les maisons d’édition", estime le SNE.

Avec un chiffre d’affaires de 212,6 millions d’euros, l’édition numérique connaît une croissance de 5,1% et représente désormais 8,4% des ventes des éditeurs. 

Enfin, avec une augmentation de 2%, "l’activité d’extraduction des maisons d’édition françaises en 2018 est dynamique, observe le SNE. A périmètre constant, on note une hausse du nombre des cessions de 1,6% entre 2017 et 2018". La jeunesse, la bande dessinée et la fiction sont les trois segments les plus appréciés à l’international, représentant, à eux seuls, 72,5% des titres cédés. 
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