L'ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay élue directrice générale de l'Unesco | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, le 13.10.2017 à 21h51 (mis à jour le 13.10.2017 à 22h00) International

L'ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay élue directrice générale de l'Unesco

Audrey Azoulay, ministre de la Culture, le 10 novembre. - Photo OLIVIER DION

Lors d'une bataille électorale peu diplomatique mais très tactique, l'ancienne ministre de la Culture et de la Communication Audrey Azoulay l'a emporté sur le Qatari Hamad Al-Kawari. Elle va diriger une institution en crise, abandonnée jeudi par les Etats-Unis et Israël.

Audrey Azoulay, ministre française de la Culture et de la Communication jusqu'en mai dernier, a été élue vendredi soir directrice générale de l'Unesco face au Qatari Hamad Al-Kawari, au terme d'une élection marquée par de multiples rebondissements, dont le retrait des Etats-Unis et d'Israël de cette agence internationale. En tant que ministre, elle avait notamment initié la Nuit de la Lecture et milité pour la sauvegarde du patrimoine écrit.
 
Lors de l'ultime tour d'un scrutin très serré entamé lundi, les 58 membres du Conseil exécutif de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate Française au représentant qatari, par 30 voix contre 28.

La candidate française s'était positionnée depuis février sur ce poste. C'est la deuxième fois qu'un Français accède à ce poste depuis René Maheu (1961–1974).
 

Audrey Azoulay a reçu le soutien de l'Egypte, dont la candidate avait été éliminée sur la dernière ligne droite, même si ce pays souhaiterait vérifier le processus électoral qui a eu lieu.

Une institution critiquée

La bataille a cependant été âpre pour prendre le leadership d'une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël avaient porté "un coup dur" avec l'annonce jeudi de leur départ, selon la directrice générale sortante de l'organisation, la Bulgare Irina Bokova. Les gouvernements de Washington et Tel Aviv ont voulu ainsi exprimer leur exaspération face à une organisation qu'ils accusent d'être devenue anti-israélienne. Les Etats-Unis avaient déjà suspendu leur contribution financière régulière il y a six ans suite à l'admission de la Palestine.

Pour Mme Bokova, "c'est l'universalité de l'organisation qui est en jeu". Et le multilatéralisme dans l'ADN de l'organisation, ajoute-t-on de sources diplomatiques. Le gouvernement allemand a aussi critiqué "la politisation (du) travail très important" effectué par l'Unesco, "par certains membres".

Malgré tout, les réactions ont été nombreuses en France, notamment celle de Françoise Nyssen qui lui a succédé rue de Valois, et qu'il l'a ouvertement soutenue.
close

S’abonner à #La Lettre