Loi Macron

L'amendement pour l'ouverture des bibliothèques le dimanche a été adopté

Photo © O. DION

L'amendement pour l'ouverture des bibliothèques le dimanche a été adopté

Le sous-amendement demande qu'un conseil municipal qui veut discuter de l'ouverture dominicale des commerces débatte aussi de l’ouverture des bibliothèques le dimanche.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 15.02.2015 à 12h34,
Mis à jour le 15.02.2015 à 19h31

Samedi 14 février, lors du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de la loi « pour la croissance et l’activité », dite loi Macron, la députée et ancienne ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti a défendu un sous-amendement dans le cadre du travail le dimanche. Ce sous-amendement demande qu'un conseil municipal qui discute de l'ouverture dominicale des commerces soit obligé de débattre également de l’ouverture des bibliothèques le dimanche. L'amendement a été adopté, ainsi que l'ensemble de l'article 80 du texte qui prévoit que le nombre possible d'ouvertures dominicales des commerces passe de cinq à douze par an.

Aurélie Filippetti considère que ce sujet est d'intérêt général: "Il me semble expose-t-elle sur les bancs du Palais Bourbon, qu'on a tous, au cours du mois difficile qu'on vient de traverser, insisté sur l'importance qu'il y avait à donner accès aux jeunes, à la culture, à l'éducation, aux livres, pour éventuellement s'émanciper et s'éduquer. Les bibliothèques, médiathèques, c'est justement l'un des lieux de transmission des savoirs et d'émancipation individuelle."

Face à une opposition qui juge ce sous-amendement contraignant, puisqu'il oblige les conseils municipaux à débattre de cette ouverture dominicale des bibliothèques plutôt que de leur donner la simple possibilité de le faire, la députée de Lorraine rappelle que "les exécutifs municipaux et intercommunaux doivent discuter de cette question" mais que la décision reste de leur ressort.

Il y a deux semaines, le président du Conseil général de l'Essonne, Jérôme Guedj avait confirmé que le groupe socialiste de l'Assemblée nationale prévoyait un amendement concernant l'ouverture le dimanche des bibliothèques, reprenant ainsi l'idée de Bibliothèque sans frontière (BSF) et son appel « Ouvrons + nos bibliothèques ».
Rappelons que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) avait révélé fin 2014, lors de la déclaration d'intérêts et de patrimoine du ministre de l'Economie, qu'Emmanuel Macron était lui-même bénévole à BSF.

Commentaires (1)

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Olivier Tulasne

il y a 5 ans à 10 h 41

De quoi l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques est-elle le nom ? Celui d’un alignement général sur une extension-flexibilisation du temps de travail, ou pour être plus précis, jouer le droit des usagers résignés à un temps de travail majoritaire sur le temps libre contre ceux des personnels de bibliothèques. L’argument invoqué autant par les syndicats que par les professionnels pour justifier l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques au-delà du seuil toléré par un rythme circadien normalement acceptable, est le sacro-saint accès à la culture pour tous. Notamment ceux qui en seraient pénalisés à cause d’horaires de travail laissant peu de place au temps libre. Ce consensus est tellement ancré dans le milieu des bibliothèques qu’ils en oublient le problème fondamental : L’accompagnement voire l’alignement pur et simple des horaires d’ouverture des bibliothèque sur un mouvement général qui tend vers une extension-flexibilisation du temps de travail imposé à tous. Conditionner l’extension de l’ouverture des bibliothèques à l’accès à la culture pour le plus grand nombre est une imposture intellectuelle en lequel, hélas, les syndicats continuent à croire. Sans doute, parce qu’ils s’imaginent qu’avec la carotte des compensations horaires et /ou pécuniaires et le bâton du sacerdotal devoir du bibliothécaire de se soumettre à l’équation fallacieuse « Ouvrir plus = Culture pour tous », ils feront accepter aux personnels des bibliothèques cette mesure soi-disant progressiste, mais qui n’est rien d’autre qu’un ajustement vers un moins disant social. Pour résumer, si l’ensemble des citoyens ne verront pas leur temps de travail diminuer, alors augmentons l’amplitude horaire des bibliothèques au détriment de ceux qui y travaillent. La culture pour le plus grand nombre et les exclus vaut bien une extension du temps de travail personnels de bibliothèque au détriment de leur rythme circadien. Plutôt que d’ajouter ou décaler le temps de travail des personnels des bibliothèques pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux bibliothèques, réfléchissons à penser la réduction générale du temps de travail pour que chacun puisse avoir plus de temps libre pour, entre autre, accéder aux bibliothèques sans incidence les horaires de ce qui y travaillent. Voilà un chantier cognitif réellement progressiste. Au lieu d’étendre le temps de travail pour les personnels de bibliothèque via l’extension quasi infinie des horaires d’ouverture, ajoutons du temps libre à l’ensemble des citoyens via une réduction du temps de travail. D’autant plus qu’un rapport parlementaire confirme l’effet bénéfique de la réduction du temps de travail. Dépassons ce faux débat de l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques pour étendre la culture au plus grand nombre, et conditionnons plus d’accès à la culture, aux loisirs, au temps libre par une véritable réduction du temps de travail, qui permettra à sûrement plus de citoyens d’accéder aux bibliothèques sans que celles-ci aient à imposer à leurs personnels de travailler au-delà des horaires normalement acceptable pour tout un chacun.


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