Gallimard

La mythique collection de romans noirs de Gallimard, « La noire », renaît le 21 mars. Créée en 1992 sur une idée d'Antoine Gallimard en référence à la « Blanche » et lancée par Patrick Raynal, puis arrêtée en 2005, elle a accueilli les plus grands auteurs du genre, James Crumley, Cormac McCarthy, Harry Crews, Jean-Patrick Manchette, Larry Brown, Chuck Palahniuk, Jerome Charyn ou Maurice G. Dantec. « Nous la relançons parce que c'est la plus belle des collections. Il s'agit avant tout de clarifier l'offre. Nous publierons les romans noirs dans "La noire" et les polars et thrillers dans la "Série noire" », explique Stéfanie Delestré, responsable du domaine français de la « Série noire ». Pour Stéfanie Delestré et Marie-Caroline Aubert, chargée des romans étrangers, c'est le genre qui déterminera l'entrée dans « La noire », ce qui amènera certains auteurs à se retrouver dans les deux collections. « "La noire" nous permet de travailler les frontières, les marges. Un auteur comme William Gay fait du noir mais frôle le surnaturel, la poésie fantastique. Cormac McCarthy, B. Traven, Larry Brown, n'écrivent pas des polars », précise Marie-Caroline Aubert. « Nous avons l'ambition de publier des textes qui sortent des sentiers battus, qui frappent », confirme Stéfanie Delestré. 

Sous une couverture noire modernisée, « La noire » proposera à la fois des auteurs français et étrangers, des nouveautés et des rééditions. Les trois titres du 21 mars illustrent ce souci : Un silence total de Ron Rash a pour thème la protection de la nature, et Stoneburner de William Gay les fracassés du Vietnam dans l'Amérique des années 1970, deux auteurs qui ont suivi Marie-Caroline Aubert depuis Le Masque et le Seuil ; et Nadine Mouque d'Hervé Prudon (décédé en 2017), une réédition augmentée d'une présentation de Sylvie Péju et de dessins.

« Nous allons sortir du fonds des textes oubliés, épuisés ou mal traduits », commente Marie-Caroline Aubert, qui s'est penchée sur William Riley Burnett, l'auteur de Quand la ville dort, qu'elle rééditera en 2020. « On s'autorisera aussi du noir très contemporain, y compris par des auteurs débutants », ajoute Stéfanie Delestré, qui annonce cinq titres par an, parallèlement aux quinze nouveautés en « Série noire ».


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