14 octobre > Récit Italie > Piero Calamandrei

Piero Calamandrei (1889-1956) est peu connu en France. Ce Florentin, éminent professeur de droit et militant antifasciste, fut un compagnon de route du Parti communiste italien. Au-delà de ses ouvrages de référence sur la procédure civile, il se fit remarquer par ses essais et ses œuvres littéraires. En France, c’est un petit éditeur de Meaux, en Seine-et-Marne, qui s’est chargé de diffuser son œuvre à destination du grand public. Après Inventaire d’une maison de campagne (2009), Parler de Florence (2010), Eduquer, résister (2011) et Eloge de la loi (2013), voici un conte philosophique intitulé Comment cette histoire a pris fin.

Cette histoire, c’est la nôtre, celle d’une humanité qui va à sa perte. Calamandrei a imaginé la conférence d’un survivant à un cataclysme nucléaire - c’était la grande inquiétude des années 1950 - qui n’aurait éliminé que l’espèce humaine de la surface de la Terre. Que resterait-il ? Tout le reste, notamment les œuvres d’art, les livres, les musiques, mais rien, en fait, puisque plus personne ne serait là pour les contempler, les lire ou les écouter.

Calamandrei se demande alors si ce tout sauf l’homme est encore quelque chose. "Les choses ne sont pas comme on en jouit : elles sont comme elles seront quand nous ne les aurons plus."

Ce bref récit mélancolique, illustré par Caterina Arciprete, est une leçon d’amour, un chant sur la fragilité de l’existence. Manquer le monde, c’est rater sa vie, nous dit-il en substance. Il y avait du Voltaire chez cet homme-là. Laurent Lemire

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