La journaliste et essayiste Florence Hartmann arrêtée à La Haye | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, le 24.03.2016 à 18h42 (mis à jour le 24.03.2016 à 19h00) Justice

La journaliste et essayiste Florence Hartmann arrêtée à La Haye

Florence Hartmann

Condamnée pour outrage à la Cour en 2009 pour avoir révélé deux décisions confidentielles, l'ancienne porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a été arrêtée, suscitant la stupéfaction de son éditeur, Don Quichotte.

L'éditeur français Don Quichotte de l'ancienne porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), la Française Florence Hartmann, a exprimé sa "stupéfaction" après son arrestation jeudi dans l'enceinte du tribunal.

"Nous avons appris avec stupéfaction l’arrestation à La Haye de la journaliste Florence Hartmann par la police néerlandaise", a indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP, Stéphanie Chevrier, la directrice des éditions Don Quichotte. Florence Hartmann est en effet l'auteure de deux livres aux éditions Don Quichotte: Lanceurs d’alerte: les mauvaises consciences de nos démocraties (2014) et Le sang de la realpolitik – L'affaire Srebrenica (2015).

"Nous lui manifestons tout notre soutien et serons attentifs aux éléments qui vont suivre", a ajouté son éditrice.

7 ans plus tard

Florence Hartmann était venue assister au jugement contre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic. Au moment de l’arrestation, elle se trouvait avec des victimes des crimes commis en Bosnie, venues manifester à La Haye, dont plusieurs ont tenté d’empêcher la police néerlandaise d’agir.

Porte-parole du procureur du TPIY Carla Del Ponte de 2000 à 2006, Florence Hartmann avait été condamnée pour outrage à la Cour en 2009 pour avoir publié dans un livre deux décisions confidentielles.

La décision avait été confirmée en appel en 2011 mais Florence Hartmann, ancienne correspondante du Monde dans les Balkans, avait refusé de payer l'amende de 7 000 euros.

Les juges avaient alors décidé d'une condamnation à sept jours de prison et demandé aux autorités françaises d'arrêter et de transférer la journaliste à La Haye, ce que le ministère des Affaires étrangères avait refusé.

Milosevic

Dans son livre Paix et Châtiment, publié en 2007 chez Flammarion, elle mentionnait deux décisions confidentielles rendues par la cour d’appel du TPIY dans le cadre du procès de Slobodan Milosevic, qui auraient permis, selon elle, de prouver l'implication de l’Etat serbe dans le massacre de Srebrenica, qui a coûté la vie à près de 8 000 Bosniaques en 1995. Elle avait aussi signé chez Denoël, réédité en poche chez Folio, Milosevic: la diagonale du fou.

Sa condamnation par le TPIY avait scandalisé de nombreux journalistes et organisations actives dans les pays de l'ex-Yougoslavie, qui s'étaient rassemblés au sein d'un comité de soutien.
 
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