28 août > Roman France

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La crédulité étant, comme chacun sait, l’un des traits de caractère les plus répandus parmi l’espèce humaine, il y aura toujours des petits malins sans scrupule pour l’exploiter. Ainsi le beau Rodolphe, le nouveau héros de Ludovic Roubaudi, qui a reçu du Seigneur quelques dons précieux : une absence totale de sens moral, un joli brin de plume, un féroce appétit pour l’argent et un « mickey maousse ». Très porté sur le sexe, il est rédacteur pour des journaux de charme, songe un temps à devenir « acteur de boules », puis scénariste spécialisé X. Jusqu’à ce qu’il rencontre un personnage qui va changer son destin : Ramon Tripier, alias le Maître, Monseigneur ou Monsieur le Baron, un charlatan, expert ès boniments, lesquels, plus ils sont énormes, plus ils sont gobés aisément par les gogos.

Patron-voyou d’une entreprise de films pornos dont la star est une certaine Gertrud, Ramon est aussi le gourou de l’Eglise du Denier, et de la fondation qui lui est associée, pompe à « phynances » et moyen d’évasion fiscale. Rodolphe, qui est doué pour les chiffres, devient rapidement l’homme de confiance de Ramon. Confiance pas très bien placée, d’ailleurs.

Le tandem d’escrocs, augmenté de la vieille mère du Maître, une infirme redoutable qui tire les ficelles et se la joue grand genre dans son château de l’Ouest parisien, pourrait continuer à trafiquer dans la joie. Sauf qu’un jour la zélée Gertrud, dans l’exercice de sa fonction, mord si cruellement l’outil de travail de Joao, son partenaire, qu’il succombe. La police va alors s’intéresser aux activités de nos amis, se lancer à leurs trousses et remonter leur piste.

Au château, Ramon, devenu le Baron, et Rodolphe, alias Karl, expert en finance internationale, tentent de monter une nouvelle embrouille juteuse : à la place du camp de loisirs pour gosses de banlieue que le bon curé veut construire, ils vont proposer à la bourgeoisie locale, ridicule, catholique et réactionnaire, de bâtir un complexe haut de gamme, couverture pour une reconquista, une neuvième croisade destinée à bouter les mahométans hors d’Europe. Les dupes cotisent, Rodolphe prospère. Jusqu’à ce qu’un duo de furies, Gertrud et Fabiola, qui l’ont choisi comme sex-toy, viennent tout faire partir en vrille.

Avec ce quatrième roman paru au Dilettante, l’atypique Ludovic Roubaudi ressuscite la sotie, genre qui nécessite du talent, de la plume et de la fantaisie. Et il n’en manque pas. Le pourboire du Christ, un peu mené à la manière des feuilletons d’antan, est un gros roman foutraque et réjouissant, pas complètement gratuit : sa morale est que la pornographie et la religion, la fesse et le goupillon, sont les deux opiums du peuple.

J.-C. P.

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