Le salon du livre de Genève (18 au 22 mars) célébrera ses quatre décennies d'existence en replaçant les professionnels du livre au centre des débats. Organisées à Palexpo et ouvertes au grand public, cinq rencontres exploreront les mutations du secteur éditorial francophone, de la transmission auprès des jeunes lecteurs aux stratégies d'exportation, en passant par la préservation de la diversité culturelle face au recul des financements publics.
Fondé en 1987 par l'éditeur Pierre-Marcel Favre, le salon s'est imposé comme un rendez-vous littéraire « ouvert sur le monde et résolument international », selon ses directrices Natacha Bayard et Nine Simon. Cette édition anniversaire accueillera près d'une centaine d'exposants et proposera des animations spéciales, dont un gâteau d'anniversaire géant installé au cœur d'une scénographie participative.
L'édition jeunesse face au défi de la transmission
La première table ronde, programmée le mercredi 18 mars de 11h à 12h, interrogera le rôle des éditeurs jeunesse dans la transmission du goût de lire aux nouvelles générations. Simon de Jocas (Éditions 400 coups, Canada), Francine Bouchet (La joie de lire, Suisse) et Nathalie Brisac (L'École de loisirs, France) échangeront sur les stratégies éditoriales pour capter l'attention d'un public jeune confronté à la multiplication des écrans.
Le lendemain à la même heure, les professionnels se pencheront sur les « questions sociétales et écologiques au cœur des collections éditoriales ». Stéphane Durand (Actes Sud, France), Alexandre Sanchez (Lux Éditeur, Québec) et Claude Pahud (Antipodes, Suisse) discuteront de l'évolution de ces collections thématiques et de leur influence croissante dans le paysage éditorial.
Visibilité internationale et soutiens publics en question
L'enjeu de la visibilité à l'étranger occupera la rencontre du jeudi 19 mars (11h-12h), avec Caroline Coutau (Éditions Zoé, Suisse), Paul-Erik Mondron (Nevicata, Belgique) et Paul Kawczak (La Peuplade, Québec). Dans un contexte où les grands groupes dominent la distribution internationale, ces éditeurs indépendants partageront leurs leviers – existants ou à inventer – pour renforcer leur rayonnement au-delà des frontières francophones.
Le vendredi 20 mars, la question des « soutiens et freins à la diversité culturelle » réunira Ibrahima Aya (Éditions Tombouctou, Mali), Aurélia Maillart Despont (Pro Helvetia, Suisse) et Markus Baumann (Fonds culturel Sud, Suisse). Un débat d'autant plus crucial que le dossier de presse mentionne un « contexte de recul des soutiens à la culture », menaçant directement les éditeurs des pays du Sud et les structures indépendantes.
La francophonie culturelle comme horizon
La dernière table ronde, le samedi 21 mars (11h-12h), élargira la perspective à l'ensemble de la francophonie culturelle avec l'écrivain camerounais Eugène Ébodé, Olivier Gougeon (directeur du Salon du livre de Montréal), Henri Monceau (observateur permanent de l'Organisation internationale de la Francophonie) et Laurence Hugues (Alliance internationale des éditeurs indépendants).
Parallèlement, le salon accueillera quatre invités d'honneur : la journaliste française Laure Adler, le dessinateur de presse suisse Patrick Chappatte, la poétesse québécoise Hélène Dorion et le romancier américain Douglas Kennedy. Chacun bénéficiera d'une carte blanche pour inviter des personnalités de leur choix.
La programmation mettra également à l'honneur les littératures africaines, avec la présence d'auteurs comme Fatou Diome, Alain Mabanckou ou Mohamed Mbougar Sarr (en visioconférence), ainsi que quatre maisons d'édition du continent : Tombouctou (Mali), Continents, Les Classiques Ivoiriens et Ago Media. Le salon, gratuit et accessible à tous, se tiendra du 18 au 22 mars 2026 à Palexpo, avec des horaires étendus jusqu'à 20h les vendredi et samedi.
