Juliette Ponce est nommée directrice du domaine étranger des éditions Robert Laffont. Elle prendra ses fonctions le 1er septembre, en remplacement de Claire Do Sêrro, en poste depuis juin 2019 et désormais engagée dans un nouveau projet professionnel selon un communiqué. Elle conservera parallèlement la direction des éditions Dalva, marque qu'elle a fondée en 2021 et qui a rejoint Robert Laffont au printemps 2024.
D'une khâgne au nature writing
Le parcours de Juliette Ponce s'est construit dans la littérature traduite, qu'elle fréquente depuis une vingtaine d'années. Après une khâgne, une licence de philosophie et une maîtrise d'ethnologie, elle abandonne une thèse pour entrer dans l'édition, d'abord chez Stock, aux essais et documents, puis chez Denoël comme assistante d'édition. Elle y devient éditrice de littérature étrangère et prend en charge, à partir de 2009, la collection « Denoël & d'ailleurs ». En mai 2015, elle rejoint Buchet-Chastel comme directrice éditoriale du domaine étranger, où elle succède à Marc Parent. Également traductrice de l'anglais et de l'espagnol, elle a publié Eleanor Catton, Karl Ove Knausgaard, Hanya Yanagihara, Atticus Lish ou Guadalupe Nettel.
C'est de ce poste qu'elle s'éloigne pour fonder Dalva en 2021 avec Marie-Anne Lacoma, au sein du groupe Christian Bourgois éditeur. La maison s'est bâtie sur une ligne singulière, le nature writing au féminin, cette écriture où les paysages et les territoires deviennent des personnages à part entière. Quand nous l'avions rencontrée en janvier dernier, à l'occasion de sa nomination aux Trophées de l'édition 2026 de Livres Hebdo dans la catégorie éditeur ou éditrice de l'année, Juliette Ponce disait avoir voulu combler un manque : « Une des choses qui m'embêtaient beaucoup en littérature étrangère, c'était qu'il y avait un vrai engouement pour le nature writing, mais que celui-ci restait très masculin. »
De L'Octopus et moi d'Erin Hortle, premier titre paru en mai 2021, à La Sauvagière de Corinne Morel Darleux, son plus grand succès chez Dalva, le catalogue s'est construit autour de ce parti pris, à raison d'une dizaine de nouveautés par an exclusivement signées par des autrices. Dalva a fait paraître À Palmares de Gayl Jones en mars et publiera un roman de l'Ukrainienne Maria Reva le 3 septembre.
Consolider le catalogue Pavillons
Chez Robert Laffont, elle aura la charge des catalogues étrangers de la maison, à commencer par Pavillons. Créée en 1945, la collection est la vitrine historique de la littérature étrangère chez l'éditeur, avec six à huit titres par an et un fonds qui compte La Servante écarlate de Margaret Atwood ou L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger. Elle est déclinée depuis 2005 en Pavillons Poche. Sa mission : « Pérenniser et consolider la place cruciale que tient la littérature étrangère dans la maison d'édition depuis sa fondation », précise l'éditeur. « Ces dernières années, les éditions Robert Laffont ont pris le parti de se réengager fortement dans la littérature », souligne Frédéric Martin, directeur de la maison, qui salue également le travail de Claire Do Sêrro, dont « l'enthousiasme et la détermination auront marqué la collection Pavillons ».
La nouvelle directrice dit vouloir « renouer avec l'édition internationale » et hérite d'un fonds qu'elle juge « d'une qualité exceptionnelle », renouvelé ces dernières années sous l'impulsion de Claire Do Sêrro et de l'éditrice Katel Le Fur. Juliette Ponce mènera cette mission de front avec le développement de Dalva, qu'elle entend poursuivre sur un rythme resserré, autour de huit titres par an contre une dizaine aujourd'hui.
