Bordeaux

Festival La Fabrique du citoyen : Bordeaux provoque notre esprit critique

L'équipe qui a monté la programmation de cette septième édition de La Fabrique du Citoyen : Thierry Barrera, Marie-Pierre Rassat, Mélody Cesaire, Caroline Couturier et Marianne Mathon. - Photo Valérie Daviet-bibliothèque de Bordeaux

Festival La Fabrique du citoyen : Bordeaux provoque notre esprit critique

Jusqu’au 23 avril, dix bibliothèques bordelaises accueillent le festival La Fabrique du citoyen. Concours de mauvaise foi, jeux de société sur le bluff, conférence interactive sur les réseaux sociaux réalisée par des étudiants… Programme de cette septième édition, portant sur l’esprit critique.

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Par Fanny Guyomard
Créé le 11.03.2022 à 09h03

Comment fonctionne le jugement et les réseaux sociaux ? A un mois des élections présidentielles et pour la septième édition du Festival de la Fabrique du citoyen, dix bibliothèques de Bordeaux invitent à réfléchir sur l’esprit critique. « Cette année, nous proposons plus d’ateliers et moins de conférences, ainsi que des actions dans la rue », indique Marie-Pierre Rassat, qui a construit la programmation avec une équipe de bibliothécaires de terrain. Jusqu’au 23 avril, près de soixante rendez-vous sont disséminés dans la ville, les bibliothèques, les collèges ou des centres de loisirs.

Ateliers pour exercer son esprit critique 

L’association des dubitaristes girondins propose des ateliers avec des défis pour découvrir les « failles de nos pensées et de nos sens » et apprendre l’auto-défense intellectuelle, ou simplement savoir débattre. Le concours de mauvaise foi voit lui s’affronter deux équipes qui défendent des positions « complètement absurdes », afin de saisir l'art de la manipulation. Enfin, on se penchera sur les divers systèmes de vote qui existent, chacun véhiculant des valeurs politiques spécifiques, avec des objectifs différents.

Ecouter des histoires dans la caraverne

C’est une caravane imitant la caverne de Platon, où les hommes ne voient pas la vraie vie mais des illusions. L’illusionniste, c’est Laurence Poueyto, conteuse-clown, metteuse-en-scène et animatrice d’ateliers philosophiques, qui raconte alors des histoires donnant à penser, inventer, imaginer.

Des conférences

Peut-on fabriquer des citoyens ? Une tendance aujourd’hui dans les neurosciences serait de penser que les gens raisonneraient mal et qu’il faudrait les rééduquer, mais n’est-ce pas une façon de disqualifier la capacité de chacun à formuler une pensée ? Voici des questions que pose la philosophe Barbara Stiegler dans une série de conférences. Claude Gautier, professeur de philosophie à l’ENS de Lyon et auteur de l’essai De la défense des savoirs critiques (La Découverte, paru en janvier 2022), se penche lui sur l’autonomie de l’université et des savoirs. 

Quant aux étudiants des écoles Epitech et ISEG, ils proposent un échange interactif avec le public sur les réseaux sociaux et leur fonctionnement : le back office des applications, le stockage des données, le rôle des modérateurs, des algorithmes… Et un point sur le cyberharcèlement.

Des jeux

Les bibliothèques prévoient des séances de jeux vidéo et de jeux de sociétés où le bluff et le mensonge sont mobilisés (Obscurio, Saboteur, Insider)… Sans oublier un escape game, où les participants doivent découvrir l’identité de leur ravisseuse grâce aux traces qu’elle a laissées sur Internet… 

Un autre jeu d’enquête interactif fait réfléchir sur le cyberharcèlement. Enfin, les bibliothèques et le DSU (Développement Social Urbain) lancent un défi : essayer, pendant dix jours, de regarder le moins possible d’écrans de loisir. Voire plus du tout !

Des films

Avec un forte teneur sociale, évidemment, comme dans Les Invisibles (2019), de Louis-Julien Petit, portant sur la fermeture d’un centre d’accueil pour femmes SDF, ou le documentaire Les Raisins de la misère, montrant la « face cachée » des Grands Crus du Bordelais. Pour Un pays qui se tient sage, de David Dufresne (2020), le documentaire qui confronte notamment les points de vue sur la légitimité de la force par l’Etat, sera suivi d’une discussion avec la Ligue des droits de l’homme et l’Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine. 

Une exposition et des rencontres-dédicaces

Marc Large, dessinateur de presse, écrivain, réalisateur et tatoueur, expose et rencontre les visiteurs. On pourra aussi se faire dédicacer la BD A Fake Story par son dessinateur bordelais Jean-Denis Pendanx, en présence d’un interprète LSF.

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