Evasions en Sicile, en Syrie et en Norvège au cinéma | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 08.10.2019 à 16h28 (mis à jour le 08.10.2019 à 16h46) Adaptations

Evasions en Sicile, en Syrie et en Norvège au cinéma

La Fameuse invasion des ours en Sicile

Une adaptation de Dino Buzzati pour les enfants, une histoire vraie écologique et familiale par Nicolas Vanier, un premier film de l'essayiste Caroline Fourest sur les Yézidis et un documentaire sur la vie à Alep durant la guerre affronteront le Joker de DC Comics.

Face au Joker, super-vilain de DC Comics, Lion d'or à Venise, en salles ce 9 octobre, le cinéma proprose deux films familiaux et deux autres sur la guerre en Syrie.

- La fameuse invasion des Ours en Sicile. Le célèbre roman de Dino Buzzati est transposé en film d'animation, aussi graphique que poétique. Belle réussite visuelle, avec ses formes gémotriques et ses tons tranchés, le film avait été présenté au Festival de Cannes en avant-première mondiale. L'histoire prend la forme d'une légende qu'un saltimbanque raconte: celle de Tonio, fils du roi des ours, enlevé par des hommes dans les montagnes de Sicile. Entre la famine et l'hiver, le roi décide d'envahir la ville où habitent ces humains. Mais la ville, dotée d'une armée puissante et d'un magicien, résiste.

Pour cette sortie, Gallimard jeunesse a publié La fameuse invasion de la Sicile par les ours en version lue (par Jean-Claude Carrère) dans sa collection "Ecoutez lire" (à partir de 8 ans), le roman du film (à partir de 5 ans), illustré par le cinéaste Lorenzo Mattotti, ou encore l'album du film (à partir de cinq ans). Par ailleurs, un beau-livre sur les coulisses du film (à partir de treize ans), La fameuse invasion des Ours en Sicile: l'art de Lorenzo Mattotti, avec des textes de Laurent Valière vient de paraître fin septembre chez Gallimard. Enfin, en poche, chez Folio junior, une nouvelle édition du texte de Dino Buzzati, traduit par Hélène Pasquier, est parue, accompagnée d'un carnet de lecture.
 

- Donne-moi des ailes. Inspiré d'une histoire vraie, celle de Christian Moullec, qui a volé en ULM avec des oies sauvages afin de leur montrer une autre voie aérienne migratoire, ce film de l'explorateur et écologiste Nicolas Vanier puise ses racines dans le récit du météorologiste, Voler avec les oies sauvages (Ouest-France, 2000). Le récit cinématographique a transformé l'aventure pour imaginer une histoire de transmission générationnelle qui voyage de la Camargue à la Norvège. Nicolas Vanier, avec la collaboration de Virginie Jouannet et d'après le scénario du film écrit par Matthieu Petit et Christian Moullec, adapté et dialogué par le réalisateur et Lilou Fogli, en a fait une novélisation, publiée chez XO en avril. Christine Féret-Fleury a adapté l'histoire en livre jeunesse (à partir de 11 ans), publié chez Hachette romans mi-septembre. Et Steven Lejeune l'a écrit et dessiné sous forme de BD, éditée chez XO dans la collection "Grafoca", la semaine dernière.

Outre ces variations, Nicolas Vanier a imaginé un livre documentaire pour les plus de 7 ans, Donne-moi des ailes: pour sauver la planète (Nathan jeunesse) et l'album du film (EPA, collection "Nature", en beau-livre illustré.

 

Irak, Syrie: témoignages et enquêtes

Avec Sœurs d'armes, l'essayiste Caroline Fourest écrit et réalise son premier film de fiction. Deux jeunes françaises, Kenza et Yaël, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes Kurdes. Leur quête croise celle de Zara, une rescapée Yézidie. Alors que les Kurdes sont menacés par les turcs en Syrie, la cinéaste a choisi les Yézidis, dans le Kurdistan irakien, pour servir de décors. Le Prix Nobel de la paix a été attribué à la Yézidi Nadia Murad, esclave de Daech, qui en fait un livre, Pour que je sois la dernière (Fayard, 2018). Il y a un an, Adoul Abou Haji et Ramia Daoud Ilias avaient récolté les témoignages de deux irakiennes elles-mêmes kidnappées par les djihadistes (Prisonnières, Stock). Enfin, une BD, Les filles du Kurdistan: un combat pour la liberté, par Mylène Sauloy et Clément Baloup, est en préparation aux Escales.

Sous un format documentaire, signalons aussi Pour Sama, Œil d'or au Festival de Cannes où Waad al-Kateab filme le quotidien d'Alep entre 2011 et 2016, année ou elle a été évacuée à Londres, emportant ses images. Après avoir ce documentaire poignant, on peut aussi lire Le fil de nos vies brisées de Cécile Hennion, portrait de la ville d'Alep à travers les récits de vie de ses habitants (Anne Carrière, Prix Joseph Kessel 2019). Katharine Cooper a publié un recueil de photos prises à Alep en 2017 dans Aleppo mon amour (chez Arnaud Bizalion). Le jeune réfugié syrien Joude Jassouma a témoigné de son exil dans Je viens d'Alep (Allary éditions). Autre témoignage, celui d'une jeune Syrienne chrétienne, durant la même période que Waad al-Kateab, celui de Myriam Rawick dans Le journal de Myriam (Fayard).
 

 
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