Des milliers d'ouvrages manquants dans les bibliothèques britanniques | Livres Hebdo

Par Véronique Heurtematte, le 24.02.2017 à 17h34 (mis à jour le 24.02.2017 à 18h00) Lecture publique

Des milliers d'ouvrages manquants dans les bibliothèques britanniques

La bibliothèque de Birmingham - Photo NEIL THOMPSON/CC-BY-SA-2.0

Les professionnels demandent un audit national après qu’un inventaire dans les bibliothèques du Suffolk a révélé la disparition de 10000 ouvrages. Ils rendent la politique d’austérité directement responsable de cette situation qui serait commune à l’ensemble des établissements Outre-Manche.

Les collections de livres sont depuis plusieurs années en constante diminution dans les bibliothèques publiques britanniques. Mais la situation réelle pourrait être encore pire que ce que montrent les statistiques. Un inventaire mené récemment dans les bibliothèques du Suffolk a montré que 10000 ouvrages manquaient dans les rayonnages par rapport à ce qu’indiquaient les catalogues informatiques, comme le révèle The Guardian dans un article du 24 février.
 
Le Cilip (Chartered Institute of Library and Information Professionals), la principale association professionnelle de bibliothécaires en Grande-Bretagne, a envoyé une lettre ouverte au ministre des Finances Philip Hammond pour réclamer un audit national qui permettrait de connaître avec précision l’étendue de la situation, et pour réclamer une augmentation des subventions pour la lecture publique.

Coupes sombres dans les budgets
 
Nick Poole, directeur exécutif du Cilip, rend la politique d’austérité directement responsable de cette situation. La baisse importante des effectifs – 8000 bibliothécaires ont été licenciés en Angleterre et au Pays de Galle depuis 2010 soit un quart des postes au total, ne permet plus aux équipes en place d’assurer l’ensemble de leurs tâches et notamment les inventaires.
 
Les coupes sombres dans les budgets sont également montrées du doigt. A Birmingham, l'ambitieuse bibliothèque ouverte en grande pompe en 2013 a dû suspendre ses acquisitions de livres en 2015, faute de budget.
 
"Les budgets d’acquisitions de livres sont les premiers touchés par les coupes car c’est moins visible que les réductions d’horaires d’ouverture ou que les fermetures d’établissement", relevait une directrice de bibliothèques dans les colonnes du Guardian.
 
Devoir d'investir

Dans sa lettre ouverte, Nick Poole demande au gouvernement de reconnaître le rôle des bibliothèques dans la promotion du savoir et de l’information. "Au moment exact où, en tant que nation, nous avons le devoir d’investir dans le savoir et l’apprentissage, nous avons laissé fermer au moins 10% des bibliothèques publiques et un nombre plus important encore de bibliothèques scolaires, tandis que de nombreux autres établissements sont contraints de réduire de manière drastique leurs horaires et leurs services", souligne le directeur du Cilip.
 
En décembre 2016, une commission gouvernementale a publié un plan national stratégique 2016-2021 pour les bibliothèques, qui vient s’ajouter aux nombreux autres élaborés au cours des six dernières années, et dont aucun n’a conduit, jusqu'à présent, à une amélioration notable de la situation de la lecture publique outre-Manche.

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