Décès de Miriam Gilou-Cendrars, fille et mémoire de Blaise Cendrars | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, le 28.06.2018 à 15h50 (mis à jour le 28.06.2018 à 20h48) Disparition

Décès de Miriam Gilou-Cendrars, fille et mémoire de Blaise Cendrars

Miriam Gilou-Cendrars - Photo THOMAS GILOU

La benjamine de l’écrivain Blaise Cendrars s’est éteinte chez elle, en Bretagne, à l’âge de 98 ans, jeudi 21 juin. Résistante dans sa jeunesse avant d’intégrer le monde de l’édition, elle a très largement contribué au rayonnement de l’œuvre de son père.

Comme son père, Miriam Gilou-Cendrars fut écrivain et journaliste. Comme son père, elle a mené une vie engagée. La dernière des trois enfants de Frédéric-Louis Sauser dit Blaise Cendrars (1887-1961) est décédée, jeudi 21 juin, à l’âge de 98 ans, a-t-on appris par un communiqué de son fils Jean-Baptiste Gilou. "Jusqu’à l’âge de 96 ans, [elle] a travaillé quotidiennement sur l’œuvre de son père", souligne son fils.

Si elle a peu connu son père dans son enfance, Miriam Gilou-Cendrars a, tout au long de sa vie, pleinement contribué à faire connaître l’œuvre de l'auteur de L’Or et de la Prose du Transsibérien avec notamment la création du Fonds Blaise Cendrars des Archives littéraires de la Bibliothèque nationale Suisse à Berne, en 1975, ainsi que du Centre d’études Blaise Cendrars (CEBC) en 1985.
 
Résistance et édition
 
Née en 1919 dans le comté du Sussex au Royaume-Uni, Miriam Gilou-Cendrars a grandi en Italie avec sa mère Felicie (née Poznanska) et ses deux frères, son père ayant quitté la famille au début des années 1920 pour aller vivre sa vocation d’écrivain. Ce n’est qu’en 1936 qu’elle le retrouve à Paris, puis à Londres en 1940. Blaise Cendrars y est correspondant de guerre pour l’armée anglaise. L’année suivante, Miriam Cendrars rejoint officiellement les Forces de la France Libre de la capitale britannique. Chargée de la revue de presse quotidienne remise au Général de Gaulle, elle anime sur les ondes de la BBC une émission quotidienne pour enfants: «Les Français parlent aux Français».
 
En 1946, elle se marie avec Albert Edouard Gilou (dit Bertie), officier dans la Marine, rallié aux Forces Navales Françaises Libres (FNFL). Au lendemain de la guerre, tous les deux participeront au renouvellement de l’édition et de la presse. Albert Gilou deviendra l’un des fondateurs et directeur artistique de la revue Connaissance des Arts ainsi que du magazine Réalités. Miriam Gilou-Cendrars se voit confier par Pierre Lazareff – grand patron de presse avec qui elle s’est liée d’amitié pendant la guerre – la création de la revue Jeune Maman en 1949, puis du magazine Votre Enfant. Il s’agit des premières publications pédagogiques destinées au grand public en France. Par la suite, elle sera nommée directrice littéraire du magazine Elle avant de rejoindre Hachette comme directrice de collection jusqu’à sa retraite.
 
Hommage au père
 
Après la mort de Blaise Cendrars en 1961, puis de Raymonde Cendrars, la seconde épouse du poète, la benjamine devient la seule ayant-droit et se consacre à la gestion et à l’étude de l’œuvre de son père. Elle débute par la publication des Inédits secrets de Blaise Cendrars (Club Français du Livre, 1969), une compilation de textes jusqu’alors non publiés et qui constituent le 16e tome Œuvres complètes de l’écrivain. Elle est également l’auteure de la première biographie complète du poète, intitulée Blaise Cendrars, publiée en 1984 par Balland (épuisée), Grand prix de l'essai de l'Académie française, et rééditée par Denoël sous le titre Blaise Cendrars: la vie, le verbe, l’écriture (2006). Suivront la parution de Blaise Cendars. L’Or d’un poète (Découvertes Gallimard, 1996) ainsi que la réédition des quinze volumes des Œuvres complètes de Blaise Cendrars publiées chez Denoël, entre 2001 et 2006, en collaboration avec l’écrivain Claude Leroy.

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