Bilan 2018 : le marché italien se consolide | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 16.10.2019 à 17h46 (mis à jour le 16.10.2019 à 18h00) Francfort 2019

Bilan 2018 : le marché italien se consolide

La librairie Feltrinelli à Bologne. - Photo M. COMBE/LH

Le marché italien confirme sa reprise entamée depuis quatre ans et affiche une hausse de 2,1 % en 2018 et de 5 % pour les 8 premiers mois de 2019. Le téléphone et le livre-audio gagnent du terrain

Lors de sa traditionnelle conférence de presse le 16 octobre à la Foire du livre de Francfort, l’AIE (Associazione italiana degli editori), qui inclut les ventes d’Amazon et le marché de l’occasion, a annoncé que le marché italien du livre poursuivait sa consolidation en affichant une progression de 2,1% en 2018 avec un chiffre d’affaires de 3,17 milliards d’euros, contre une hausse 4,5% en 2017, après des années de crise. Le nombre d’exemplaires vendus est aussi en augmentation de 4 %. L’association se montre optimiste et estime également la hausse des ventes pour les huit premiers mois de 2019 à 5%.

La cession des droits est en augmentation de 9 % par rapport à 2017 avec 7883 titres cédés aux éditeurs étrangers (contre 9358 titres achetés). 

L’AIE recense 4972 maisons d’édition actives, ayant publié au moins un titre dans l’année, un chiffre en légère progression de 1,4% par rapport à 2017 (4 902). La production de l’ensemble s’élève à 78875 titres (+ 9,8%) contre 72059 en 2017. Le prix moyen à 19,48 euros, augmente de 3,8% mais reste de 2 euros inférieur à celui de 2010 (21,60 €). 

L’association note aussi une augmentation de l’impression à la demande. 

Secteurs en forme

Les secteurs qui se portent le mieux sont la fiction (incluant celle pour les jeunes adultes) avec + 6%, les essais (+ 13,1%), les titres techniques (+ 15,8%) et les livres pratiques (+ 6,3%) tandis que les livres jeunesse battent leur record avec une augmentation de 5,9%, sur la lancée de 2017 (+ 13,7%), effaçant le triste plongeon de 2016. « Les lecteurs ont à leur disposition davantage de titres à des prix variés et dans différents formats qu’auparavant, grâce notamment au commerce en ligne et aux technologies d’impression numérique » a commenté l’institution. 

La production d’e-books est en baisse pour la seconde année avec 51397 titres publiés en 2018 (- 17,2%), contre 81000 en 2016. Pour l’association, l’auto-édition devient significative : vingt plateformes de téléchargement proposent dorénavant 11698 titres, qui représentent 22,8% de la production. 

Les Smartphones devant les liseuses

Si l’AIE déplore le faible taux de lecteurs dans la péninsule, elle note que 60% des lecteurs sont attachés au papier, 24% lisent des e-books et 7% écoutent des audio-books. Le téléphone est désormais un support de lecture numérique (à 65% en 2018 contre 61% en 2017) et d’écoute de livres-audio (75% en 2018 contre 67% en 2017) tandis que l’e-reader perd du terrain à 47% en 2018 au lieu de 54% en 2017.

Sur les canaux de vente, l’association souligne une plus grande importance du commerce en ligne et des chaînes de librairies. Les librairies ont perdu 10 points en dix ans passant de 79% en 2007 à 69% en 2018. Les chaînes représentent désormais 45% des ventes (contre 36,5%) et les librairies indépendantes, 24% (contre 42,5%), étant situées au même niveau que le commerce en ligne, tandis que la grande distribution a chuté de 18% à 7%.  

Ricardo Franco Levi, président de l’AIE, a aussi souligné que l’invitation en 2021 au Salon Livre Paris et en 2023 à la Foire du livre de Francfort, seraient « deux opportunités majeures de promouvoir à la fois la culture et l’économie du livre ».

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