Au Québec, le prix réglementé entre dans la dernière ligne droite

de g. à d. : Pascal Chamaillard (Adelf), Jean-François Bouchard (Anel) et Serge Poulin (ALQ) © F.Piault

Au Québec, le prix réglementé entre dans la dernière ligne droite

Pendant la journée professionnelle du 35e Salon du livre de Montréal, éditeurs, distributeurs et libraires ont dressé un bilan positif de leur mobilisation en faveur d'une réglementation du prix du livre. Reste à convaincre la classe politique.

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Par Christine Ferrand,
avec cf, de montréal,
Créé le 18.11.2012 à 00h00,
Mis à jour le 18.11.2012 à 00h00

La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics, mais on va les aider: c'est en substance le message qu'ont voulu faire passer les professionnels du livre québécois réunis vendredi 16 novembre au 35e Salon du livre de Montréal. Au Québec, la question d'une loi sur un prix unique du livre est une longue histoire, avec, depuis une quinzaine d'années pas mal d'occasions ratées.

Une conjoncture défavorable - le marché du livre aurait reculé 5,2 % au cours du premier semestre 2012 - , la déstabilisation engendrée par le numérique, et la menace d'une nouvelle offensive de la grande distribution avec l'arrivée en force au Québec avant la fin de l'année de la chaîne Target, ont crée une mobilisation sans précédent du monde du livre.
Au cours de la table-ronde organisée vendredi dans le cadre de la journée professionnelle, éditeurs, distributeurs et libraires ont tenu à manifester concrètement le consensus auxquels ils sont arrivés après dix-huit mois de mobilisation, tout en faisant un état des lieux du dossier.

Plutôt qu'un « prix unique » à la française, c'est un « prix réglementé », qui limiterait à 10% le rabais maximal que peut faire un détaillant sur les ouvrages parus il y a moins de neuf mois, que les professionnels québécois réclament (lire notre actualité).

"L'enjeu est désormais du côté des consommateurs qui risquent de mal percevoir l'avantage d'une limitation des rabais"

En présence de Daniel Cloutier, directeur général des politiques de culture et des communications au ministère de la culture, qui a expliqué le fonctionnement de la commission parlementaire qui doit examiner le projet de loi début 2013, Pascal Chamaillard, président de l'Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF), a rappelé les dégâts créés par la suppression de la réglementation du prix du livre en Grande Bretagne entraînant notamment la disparition entre 1995 et 2011 de 40% des librairies indépendantes. Il a souligné les nombreux soutiens qui se sont manifestés autour de la réglementation du prix du livre, notamment de la part d'écrivains comme Michel Tremblay, Nancy Huston, Marc Levy, Dany Laferrière, Marie Laberge...

Pour Jean- François Bouchard, président de l'association nationale des éditeurs de livres (ANEL), le combat doit se porter maintenant sur le plan politique : "Nous sommes dans la dernière ligne droite, a-t-il annoncé en se félicitant de la "prise de conscience" politique qui s'est manifestée dès le discours d'intronisation de la nouvelle première ministre Pauline Marois. "Mais il faut maintenant créer un consensus politique en s'appuyant sur notre consensus professionnel, s'est-il empressé d'ajouter. Il ne s'agit pas de relâcher notre vigilance. Notre accord doit rester solide jusque dans le débat public".

Pour lui, l'enjeu est désormais du côté des consommateurs qui risquent de mal percevoir l'avantage d'une limitation des rabais : "Il faut faire comprendre qu'en établissant une réglementation du prix du livre, on défend le consommateur."

La campagne « Nos livres à juste prix », lancée en août dernier, doit donc se poursuivre encore plus activement en librairie, comme l'a affirmé Serge Poulin, président de l'Association des libraires du Québec (ALQ). Pour lui, les libraires sont les mieux placés pour sensibiliser le public, à travers leur clientèle, au rôle que jouent les libraires dans le maintien d'une offre diversifiée, d'une création vivante et de la culture québécoise.


18.11 2012

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