Cinéma

Aristos, cocus, marginalisés, paysans et enfants engagés face à Rambo

Ne croyez surtout pas que je hurle ; Downton Abbey ; Le dindon ; Rambo:Last Blood

Aristos, cocus, marginalisés, paysans et enfants engagés face à Rambo

Rambo : Last Blood, Downton Abbey, Le Dindon, Ne croyez surtout pas que je hurle et le documentaire Demain est à vous sortent dans les salles ce 25 septembre, ainsi que trois films sur un système capitaliste broyeur d'individus: Au nom de la terre, Bacurau et Ceux qui travaillent.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 24.09.2019 à 13h40,
Mis à jour le 24.09.2019 à 14h00

Des aristocrates de Downton Abbey aux paysans de Au nom de la terre et Bacurau, le cinéma cette semaine propose une tranche de société aussi diverse que pyramidale.
 
Downton Abbey, d’après la série télévisée, nous réinvite au manoir (désormais louable sur Air BnB) de la famille Crawley, alors que le couple royal est attendu pour une visite de courtoisie. De la doyenne aux domestiques, on suit ainsi les péripéties sentimentales et financières de cette dynastie modestement ambitieuse mais jalouse de son statut, en cette fin des années 1920.  Le succès de cette série britannique avait générée quelques parutions : Le monde de Downton Abbey et Chroniques de Downton Abbey, tous deux de Jessica Fellowes (Charleston, 2013 et 2015), la fan-fiction inspirée par le feuilleton, Loin de Berkley Hall de Coralie Khong-Pascaud (City, 2017) et pour cette rentrée deux livres de recette - l'un pour la cuisine, l'autre pour les cocktails - parus chez Marabout.
 
 
Tout aussi culte, les salles accueilleront le retour du mythique Rambo, incarné par Sylvester Stallone, cette fois face à un cartel de drogue mexicain. La star qui a tant fasciné Emmanuèle Bernheim (Stallone, Gallimard, 2004) fait l’objet de quelques livres récents tels Rambo de David Morrell, fiction éditée en poche chez Gallmeister l’an dernier (et à l’origine intitulée Premier sang), l’essai Dans l’enfer vert de la rambosploitation de Claude Gaillard, essai sur les films qui se sont inspirés du mythe (Huginn & Muninn, novembre 2018) ou encore Sylvester Stallone, héros de la classe ouvrière, analyse de David Da Silva (Lett Motif, 2016).
 
Plus français, Le dindon arrive sur les écrans, dans une version transposée dans les sixties, avec un casting de comédiens populaires (Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Laure Calmy…). Cette adaptation de la pièce de Georges Feydeau par Jalil Lespert est un vaudeville des plus classiques avec cocus et malentendus. On trouve le texte d’origine au Livre de poche, chez Gallimard, chez Omnibus et dans le volume 2 du Théâtre complet de l’auteur, publié par Classiques Garnier.
 

 
Plus expérimental, pour ne pas dire audacieux, il y a le sublime film de Frank Beauvais Ne croyez surtout pas que je hurle. Plaqué par son compagnon, le cinéaste y raconte intimement sa vie solitaire dans un village alsacien, entre petits bonheurs et déprime générale, à travers un montage époustouflant de 400 extraits de films en tous genres qu’il a visionnés en 2016. Au-delà de ce tour de force visuel, le film est surtout porté par un magnifique texte narré par l’auteur-réalisateur que Capricci a édité (ISBN: 979-10-239-0351-5). Il est disponible dans quelques librairies : Centre Pompidou, Comme un roman, L’écume des pages, la librairie du Panthéon, La cinémathèque française, le Store MK2 Quai de Loire et l’Atelier à Paris, Le Square à Grenoble et L’Hydre aux milles têtes, à Marseille.
 

Travailleurs et engagés

Au nom de la terre
Au nom de la terre, chronique du père du réalisateur Edouard Bergeon, avec Guillaume Canet raconte les malheurs d’un agriculteur piégé par le système. A des milliers de kilomètres, Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, prix du jury à Cannes, suit l’histoire d’un village qui se révolte contre un pouvoir qui les prive d’eau et les transforme en attractions pour chasseurs occidentaux. Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach suit un cadre supérieur qui a dédié sa vie à son job et qui se retrouve mis à l’écart, trahi par un système à qui il a tout donné.
Ces trois films évoquent de près ou de loin une machine capitaliste qui broie l’individu et qui, ces derniers temps, inspirent de nombreux romans et essais. On peut citer Terres à vendre, sur la spoliation des terres, notamment au Brésil, préfacé par José Bové, écrit par Cécile Cazenave et édité chez Intervalles en 2016. Ou le récent témoignage de Camille Beaurain, jeune veuve d’un agriculteur, Tu m’as laissée en vie, paru au Cherche-Midi le 12 septembre dernier. Et chez le même éditeur, Didier Bille avait publié en mars 2018 DRH, la machine à broyer : recruter, casser, jeter.
 
Demain est à nous
Signalons, la sortie du documentaire Demain est à nous, de Gilles de Maistre. Les éditions Livres du Dragon d’or publient un album pour découvrir la vie des enfants engagés dans leurs combats de par le monde, rédigé par Prune de Maistre. Sorti début septembre, il cible les plus de cinq ans. Un autre album, pour les plus de 8 ans, co-rédigé par Prune de Maistre et Nathalie Lescaille, est accompagné d'un livret pédaogique. Gilles de Maistre a, de son côté, conçu un beau-livre, avec les textes de Bernard Pascuito, publié chez Gründ.
 

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