AIFBD, un levier pour l’Afrique | Livres Hebdo

La bibliothèque de l’université Cheikh-Anta-Diop à Dakar, au Sénégal. - Photo WIKIMEDIA COMMONS

Plusieurs pays africains réforment leur enseignement supérieur pour stimuler leur développement économique. Un processus dans lequel les BU jouent un rôle central.

Le congrès mondial de l’AIFBD (Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes), qui a réuni à Limoges du 23 au 26 août 150 participants venus du monde entier, apportait des nouvelles fraîches de la francophonie concernant la documentation. Il a permis de découvrir des projets numériques menés dans l’enseignement supérieur en Afrique. "Plusieurs pays ont compris que le savoir était un facteur déterminant de compétitivité et ont entrepris la réforme de leur système d’enseignement supérieur, a expliqué Mandiaye Ndiaye, de la bibliothèque centrale de l’université Cheikh-Anta-Diop (Ucad) à Dakar. Il faut imposer les bibliothèques universitaires dans ce processus. Ici, les BU sont traversées par les mêmes problématiques que dans le monde occidental. Mais les bibliothèques nationales et les réseaux de lecture publique restant faibles, leurs missions sont élargies." Mis en place à la bibliothèque de l’Ucad, avec l’aide de l’Agence universitaire de la francophonie, le campus universitaire francophone a contribué à développer chez les étudiants la maîtrise des outils numériques.

Depuis 2012, le dépôt institutionnel d’Afrique centrale, financé par le Cerdotola (Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines) au Cameroun et la Commission universitaire pour le développement en Belgique, a pour objectif de créer dans les six universités concernées des collections des thèses et mémoires menés dans ces disciplines, inventoriées et stockées dans de bonnes conditions, et de centraliser sur une plateforme les copies numérisées. "Jusqu’à présent, ces ressources n’étaient pas signalées, donc peu exploitées, et les risques de plagiat étaient importants, soulignait Marie-Sophie Dibounje Etame, du Cerdotola. Ce programme va permettre de donner une visibilité internationale aux travaux de nos chercheurs." Cette question est cruciale pour la région. En effet, seulement 0,7 % des produits de la recherche disponibles sur Internet proviennent de chercheurs africains. Une situation due en partie aux faibles compétences informationnelles de ces derniers, comme le montre une enquête menée à l’université de Douala au Cameroun : "93 % n’utilisent que Google comme moteur de recherche", a déploré Simon Jules Koudjam Yameni, chef des relations avec le public à la BU de Douala.

Véronique Heurtematte

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