« Se comprendre et décoder le monde d’aujourd’hui ». C’est l’ambition de la nouvelle collection « d•cument », imaginée par Actes Sud Jeunesse. Destinée aux adolescents dès 13 ans, celle-ci proposera quatre essais par an, chacun décryptant des tendances, des mouvements ou des actualités en lien avec leurs préoccupations.
Deux premiers titres rejoindront les rayons des librairies le 2 septembre : Woke. Comprendre l’origine et les enjeux du wokisme de Carina Louart, avec les dessins de Charles Berberian et Info (x). La grande cacophonie digitale de Florence Pinaud, illustré par Guillaume Reynard.
Une nouvelle proposition dans le paysage du documentaire jeunesse
« Il y avait déjà dans le catalogue ce qu’on appelle les "Docs ados" avec des titres comme Vivre l’amour, C’est quoi mon genre, en grand format et illustrés en couleur. Or, ces dernières années, la formule avait du mal à prendre. Il nous fallait donc préserver la qualité du documentaire tout en travaillant sur le fond et la forme pour proposer quelque chose de renouvelé », détaille Vincent Étienne, directeur éditorial d’Actes Sud Jeunesse, qui a repris ce projet initialement porté par Isabelle Péhourticq, avant son départ à la retraite.
Avec « d•cument », l’objectif est donc de donner un nouvel élan au documentaire jeunesse pour adolescents. Si certains « Docs ados » sont toujours commercialisés, les nouvelles publications intégreront désormais cette collection caractérisée par un format plus intimiste et coloré, pensé pour être facilement transporté. La quatrième de couverture, elle, ne propose pas de résumé classique mais une série de mots-clés liés au sujet traité.
La collection vise à traiter à la fois des enjeux d’actualité et des grandes étapes de l’adolescence, avec l’ambition de toucher un public plus large que sa cible initiale pour favoriser le dialogue entre les différentes tranches d’âge. « On a voulu créer quelque chose de nouveau, décloisonner le documentaire jeunesse pour jouer sur cette passerelle entre jeunes ados et jeunes adultes et dépassionner les grands débats qu’on entend un peu partout, pour les ramener au niveau de nos lecteurs. Qu’ils puissent en cerner les contours et savoir de quoi il s’agit », précise Vincent Étienne.
« On ne cherche pas à dire « c’est bien, ce n’est pas bien »
Parmi les premiers titres, Woke ! Comprendre l’origine et les enjeux du wokisme de Carina Louart (3 000 exemplaires), avec son versant historique, s’adresse plutôt à des lecteurs à partir de 15 ans. Un titre audacieux tant le terme « woke » suscite aujourd’hui débats, controverses, et dérange.
Pour en proposer une lecture éclairée, l’autrice s’est donc appuyée sur les compétences d’associations militantes, ainsi que sur des témoignages d’adolescents et sur des prises de parole de personnalités publiques. Elle resitue également le sujet dans son contexte. « On ne cherche pas à dire "c’est bien, ce n’est pas bien" », souligne Vincent Étienne, assurant que chaque ouvrage se conclut d’ailleurs par des recommandations de ressources et lectures complémentaires.
De la même façon, Info (x). La grande cacophonie digitale de Florence Pinaud (2 600 exemplaires) propose aux adolescents dès 13 ans des clés pour comprendre les mécanismes de manipulation de l’information. À partir d’exemples concrets, le livre explique comment naît l’adhésion, comment s’en protéger et comment distinguer le vrai du faux, avec pour finalité le développement de l’esprit critique.
Illustrations tirées des titres "Woke" et "Info(x)"- Photo ACTES SUD JEUNESSEPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
La collection se distingue également par son positionnement éditorial : « Les livres ne sont pas estampillés Actes Sud Jeunesse pour que les libraires ne s’embêtent pas à les classifier : ils sont pour tout le monde. Leur objectif est de s’informer, réfléchir, s’ouvrir au monde et se questionner soi-même sur tout ce qui passe dans un monde polarisé », argue Vincent Étienne.
À ce titre, le choix du nom « d•cument » - le « O » étant transformé en point médian - témoigne d’une démarche voulue inclusive et pensée comme un point de rencontre entre différents sujets et publics afin de nourrir le débat. Une volonté pédagogique qui s’illustre également dans la forme visuelle. Les illustrations prolongent ainsi le contenu tandis que la mise en page emprunte sa forme aux codes de la presse : des introductions percutantes, des titres narratifs pour que le lecteur puisse « picorer » librement l’information, au gré de ses envies.

