53 % des universités européennes possèdent des archives ouvertes | Livres Hebdo

Par Véronique Heurtematte, le 23.01.2018 à 18h41 (mis à jour le 23.01.2018 à 19h00) Enseignement supérieur et recherche

53 % des universités européennes possèdent des archives ouvertes

Seconde journée rencontre du consortium Couperin sur la science ouverte. - Photo VÉRONIQUE HEURTEMATTE/LH

La deuxième journée des rencontres du consortium Couperin sur la science ouverte a fourni des éléments chiffrés et des initiatives concrètes menées dans différents pays d’Europe en faveur du développement de l’open access.

Lors de la deuxième session des 7es journées Science ouverte organisées à Paris du 22 au 24 janvier par Couperin, consortium d'établissements pour le développement des ressources numériques, Lidia Borrel-Damian, de l’Association européenne de l’université, qui regroupe 850 institutions de 47 pays d’Europe, a fourni quelques chiffres clés permettant d’évaluer la place des archives ouvertes.

Une enquête publiée en 2017 et menée auprès de 338 universités de 39 pays montre que 53,3 % des institutions ont une politique d’archives ouvertes des publications de la recherche et que 21,3 % sont en voie de le faire. La principale raison invoquée par les universités pour ne pas avoir de politique en la matière est l’absence d’une volonté nationale pour 64,8 % d’entre elles.

Le “tout open accès”
 

Deux interventions ont illustré la manière dont certains pays européens se sont engagés vers le "tout open access", avec pour objectif la conversion du modèle de l’abonnement payant aux revues scientifiques à celui du libre accès. Aux Pays-Bas, qui possèdent une politique nationale forte en matière d’archives ouvertes, les négociations avec les éditeurs sont dirigées par l’Association des universités de recherche des Pays-Bas (VSNU en néerlandais), mandatée par l’ensemble des institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche. "Notre ambition est d’atteindre 100 % des publications scientifiques en open access Gold [publiées nativement en open access, NDLR] en 2020", a précisé Koen Becking, de VSNU, lors de son intervention.
 
En Allemagne, toutes les institutions de recherche négocient collectivement avec les grands groupes tels que Springer, Elsevier, via la société Max-Planck, association à but non lucratif pour le développement des sciences, financée par le gouvernement fédéral. "85 % des publications de la recherche les plus récentes sont encore derrière des barrières payantes, a rappelé Ralf Schimmer, de la société Max-Planck. Le système de l’abonnement payant aux revues n’est plus adapté aux réalités de la recherche du XXIe siècle ».
 
Un plan national espagnol pour 2018

Cepedant, l’existence d’un cadre national ne suffit pas, comme l’a montré l’exemple de l’Espagne où une loi de 2011 crée une obligation de dépôt des articles scientifiques dans des archives ouvertes institutionnelles ou coopératives. "Mais seulement 9 % des articles issus des programmes de recherche nationaux sont disponibles en open access, a souligné Lluis Anglada, directeur de l’open science au consortium des services universitaires de Catalogne. La loi est bonne, mais les résultats sont mauvais car il n’y a pas de pression sur les chercheurs dont la priorité est de publier dans les revues prestigieuses, pas de déposer leurs articles dans des archives ouvertes".  Lluis Anglada a tracé les grandes lignes du plan national espagnol pour 2018, en particulier rendre plus facile les dépôts dans les archives ouvertes, ne pas accepter une augmentation du prix des abonnements aux revues scientifiques supérieure à celui du coût de la vie, mesurer précisément les archives ouvertes de chaque institution.
 
Les différentes interventions ont mis en lumière la complexité de la mise en œuvre de l’objectif de l’Union européenne d’atteindre 100 % des publications de la recherche en accès ouverte d’ici 2020. "Cet objectif sera atteint en suivant une route hybride, a prédit Lluis Anglada. Avec des archives ouvertes institutionnelles, des revues en open access gold ou selon des modèles alternatifs, les réseaux sociaux, et de nouveaux paramètres pour l’évaluation des chercheurs".
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