2018 en 12 thèmes [4/12] : les réseaux sociaux, champ de tous les possibles | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 20.12.2018 à 15h58 (mis à jour le 20.12.2018 à 16h00) Bilan 2018

2018 en 12 thèmes [4/12] : les réseaux sociaux, champ de tous les possibles

Madeleine project de Clara Beaudoux, Le Livre de poche. - Photo OLIVIER DION

Qu’ils s’en soient emparés pour communiquer ou innover, les acteurs du livre ont su tout au long de l’année tirer profit des larges possibilités offertes par les réseaux sociaux. Twitter et Instagram ont particulièrement été plébiscités, à l’inverse de Snapchat et Facebook. Récapitulatif.

Les libraires interrogés par Livres Hebdo donnaient le ton en mai dernier: selon eux, les réseaux sociaux gagnent de plus en plus d’influence, et constituent dorénavant un facteur clé dans la décision d’achat. Résultat, le Syndicat de la librairie française a mis les petits plats dans les grands en juin avec sa nouvelle campagne de communication, qui comportait un important volet dédié à l’animation des réseaux sociaux. Les éditeurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés non plus, puisque plusieurs d’entre eux se sont attelés à la confection d’écosystèmes de réseaux sociaux autour de leurs ouvrages.
 
Les écrivains semblent eux finalement avoir pris le pli du web social, après un long retard à l’allumage. L’auteur nouveau, écrivions-nous en février, "tisse des liens plus directs, voire intimes, avec ses lecteurs" grâce aux plateformes sociales. Les bibliothèques quant à elles pratiquent assidument le réseautage numérique depuis plusieurs années, mais s’interrogeaient en janvier sur l’impact réel de leurs activités sur la toile.
 
Instagram, le réseau star
 
L’année 2018 a marqué l’avènement d’Instagram comme le réseau de référence pour le monde littéraire, comme nous l’expliquions dans notre dossier consacré au phénomène #bookstagram. Taillée pour le livre, l’application de partage de photos a notamment suscité l’inventivité des libraires de Mollat, initiateurs du drolatique phénomène des "bookfaces". La prestigieuse New York Public Library a elle aussi investi ce territoire en friche avec ses "InstaNovels", des classiques de la littérature publiés en intégralité sur la plateforme et enrichis d’animations. Réseau social de l’image par excellence, Instagram accueille également une population non négligeable de dessinateurs. Livres Hebdo en avait sélectionné 10, drôles, impertinents ou simplement talentueux.
 
Un phénomène d’édition
 
Loin de rester cantonné à leur univers d’algorithmes et de "likes", les phénomènes Internet ont débordé de la toile pour venir remplir les étals des librairies. Aux Etats-Unis, la campagne #metoo initiée dans le sillon de l’affaire Weinstein a provoqué une vague de publications d’ouvrages féministes. L’onde de choc s’est étendue jusqu’à la France, où la campagne #payetonutérus dénonçant les mauvaises pratiques des gynécologues a également eu droit à son adaptation en livre.
 
A l’origine de ces vastes mouvements contestataires, un seul réseau social : Twitter. Portevoix des internautes, la plateforme à l’oiseau bleu a permis à de nouveaux récits d’éclore sur la place publique. Sensibles à cette "twittérature", plusieurs éditeurs ont décidé d’apposer des tweets directement sur le papier, dans une démarche de pérennisation du numérique et de ses œuvres. Mais privé de son support et de son contexte originaux, le tweet a-t-il la même valeur ? La bibliothèque de Toronto a préféré tirer entièrement partie de l’interactivité de la plateforme afin de lancer la création, en août, d’un roman collaboratif écrit par et pour les citoyens. Et si 240 caractères, c’était déjà de la littérature ?
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