Evasion fiscale

18 mois de prison avec sursis pour Jacques Glénat

18 mois de prison avec sursis pour Jacques Glénat

Le fondateur des éditions Glénat, dont le nom apparaissait dans les « Panama papers », a été condamné, mardi 7 septembre, par le tribunal correctionnel de Paris. 

Par Pierre Georges
avec AFP Créé le 07.09.2021 à 21h00

Jacques Glénat, fondateur et dirigeant historique des éditions Glénat, a été condamné mardi 7 septembre par le tribunal correctionnel de Paris à 18 mois de prison avec sursis et 200000 euros d'amende pour de l'évasion fiscale révélée par les « Panama Papers », un scandale qui avait éclaté au printemps 2016.
 
Le nom de Jacques Glénat figurait dans les listings pour avoir possédé une société domiciliée aux Seychelles servant à acheter notamment des œuvres d'art. Il avait préféré la fermer quand les îles Vierges britanniques avaient obligé, en 2014, les sociétés à renseigner les noms de leurs actionnaires.
 
Mardi, lors d'une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), M. Glénat a « tout à fait » reconnu sa culpabilité pour ces faits de « blanchiment de fraude fiscale aggravée », pour lesquels il a accepté la peine proposée par le parquet national financier (PNF), en charge de l'enquête, à savoir 18 mois de prison avec sursis, 200 000 euros d'amende et la confiscation de 470 000 euros. La peine a été homologuée par le tribunal.

Situation régularisée 

Le ministère public avait auparavant évoqué le « schéma frauduleux » et le « montage sophistiqué » mis en place en 1997 par Mr Glénat, via « l'interposition de plusieurs sociétés en Belgique puis dans des paradis fiscaux » qui lui avait « permis de récupérer des dividendes importants sans être identifié par l'administration fiscale ». Selon le PNF, cette fraude a permis la dissimulation de 9,9 millions d'euros, la perception « illégale » de quatre millions d'euros de dividendes, qui ont notamment permis à Mr Glénat d'acquérir sous couvert de ces sociétés pour plus de 3,5 millions d'euros d’œuvres d'art.

Le parquet spécialisé dans les atteintes à la probité a évalué le préjudice total fiscal à 2,2 millions d'euros, et noté que M. Glénat avait progressivement fini par reconnaître au cours de l'enquête qu'il était « parfaitement conscient du montage délictueux et des conséquences fiscales ». Le PNF a relevé à la décharge de M. Glénat et de ses trois enfants, dont Marion Glénat qui a repris la tête de la maison d'édition, que ceux-ci avaient depuis entièrement régularisé leur situation auprès de l'administration fiscale, via des redressements et des pénalités.

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