Yambo Ouologuem, prix Renaudot 1968, est mort | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, avec AFP, le 16.10.2017 à 19h28 (mis à jour le 16.10.2017 à 20h00) Disparition

Yambo Ouologuem, prix Renaudot 1968, est mort

L'écrivain malien Yambo Ouologuem

L’écrivain malien avait remporté le Prix Renaudot en 1968 pour Le devoir de violence.

"Souffrant depuis un moment, […] Yambo Ouologuem est mort dans un hôpital de Sévaré" dans la région de Mopti (Mali), dimanche 15 octobre à l’âge de 77 ans, a indiqué à l’AFP Issa Ouologuem, un membre de la famille de l’écrivain malien.
 
Né le 22 août 1940 à Bandiagara au Soudan français (actuel Mali), Yambo Ouologuem est licencié ès Lettres, en philosophie et diplômé d’études supérieures d’anglais. De 1964 à 1968, il termine son doctorat en sociologie tout en enseignant dans le lycée de Charenton (Val-de-Marne).

Accusé de plagiat
 
Son premier roman, Le devoir de violence (Seuil, 1968), décroche le prix Renaudot l’année de sa parution. L’ouvrage retrace les débuts de la légende de l’empire Nakem et de la dynastie fictive des Saïfs. L'auteur, alors âgé de 28 ans, raconte comment l'esclavage et la colonisation sont antérieurs à l'arrivée des Européens, qui ne firent que reprendre à leur compte, en l'amplifiant de manière dramatique, un système pré-existant. Yambo Ouologuem est accusé de plagiat et s’en défend mais, en 1971, le Seuil retire l’ouvrage de la vente. Il sera réédité au Serpent à plumes en 2003
 
En 1969, Yambo Ouologuem publie deux autres ouvrages: Lettre à la France nègre (Serpent à Plumes, 2003), un réquisitoire contre la France et les "clichés racistes" qui la traversent, et Les mille et une bibles du sexe (Dauphin), roman publié sous le pseudonyme d’Utto Rodolph relatant les aventures sexuelles de quatre français en France et en Afrique. Réédité par Vents d’ailleurs en 2015, il avait été sélectionné pour le Prix Sade la même année.

Nationaliste
 
Yambo Ouologuem "avait une plume puissante, très acerbe", a déclaré lundi à l'AFP le critique littéraire malien Babalaye Keïta. "Il était aussi nationaliste et ça lui a un peu porté préjudice pour la suite de sa carrière", a-t-il ajouté.
 
Rentré au Mali à la fin des années 1970, Yambo Ouologuem a donné son nom à un prix littéraire malien remis pour la première fois en 2008, visant à récompenser une œuvre écrite en français par un auteur du continent africain.

Jusqu'en 1984 il était aussi directeur d'un centre culturel près de Mopti et il a également édité des manuels scolaires.

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