art/Royaume-Uni 6 février Martin Clayton et Ron Philo

Afin d'inaugurer cette année 2019 qui marque les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci, né en 1452 et installé depuis la fin de 1516 au château du Clos-Lucé, près d'Amboise, à l'invitation de François Ier, Actes Sud a eu la bonne idée de traduire un ouvrage paru en Grande-Bretagne en 2012, au cœur du sujet : le livre a été publié par le Royal Collection Trust, l'auteur, Martin Clayton, dirige le département des peintures et dessins de la Royal Library, sise au château de Windsor, apanage de S.M. la reine Elisabeth II, propriétaire de pas moins de 215 des 228 planches conservées, que le grand artiste a consacrées à l'anatomie. 87 sont superbement reproduites ici, expliquées et commentées, avec l'aide scientifique de l'Américain Ron Philo, professeur associé à l'University of Texas Health Science Center de San Antonio.

Parfois, la notice accompagnant tel dessin traduit le ou les textes qui y figure(nt), lesquels ont quelquefois tendance, sur le tard, à partir des années 1510, lorsque les recherches anatomiques de Vinci prennent le pas sur l'art pur, pourrait-on dire, à envahir tout l'espace. Au passage, Clayton tord le cou à une légende : si Léonard écrivait à l'envers, de droite à gauche, c'était plus une habitude qu'afin de crypter ses textes, et il n'était pas le seul en son temps à utiliser cette technique.

Il a fallu attendre longtemps pour que la critique s'intéresse, chez ce génie polymorphe, à l'ensemble de ses activités, et pas seulement à la dimension artistique. On sait que Vinci fut aussi un ingénieur, un inventeur, un visionnaire. En ce qui concerne l'anatomie, ses planches ont été publiées pour la première fois en fac-similé, en deux volumes, en 1898 et 1901 seulement. Les premières remontent aux années 1485-1490, ce sont souvent des croquis « académiques », préparatoires pour un tableau à venir, comme La bataille d'Anghiari, par exemple, exécuté à Florence en 1503. Mais ensuite, à partir des années 1510, grâce à des dissections, d'animaux comme d'êtres humains, Léonard de Vinci pénètre au cœur des corps, de la mécanique de la vie, de façon unique : tel ce dessin sublime d'un fœtus dans l'utérus de sa mère, à l'encre sur sanguine. On dirait un petit cosmonaute dans une capsule spatiale. On connaissait certains dessins. Pour d'autres, c'est une révélation et un enchantement.

Martin Clayton, Ron Philo
Léonard de Vinci anatomiste - Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Piot
Actes Sud
Tirage: 2 800 ex.
Prix: 39 euros ; 256 p.
ISBN: 9782330106423

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