Foire du livre de Londres

Le climat, et pas seulement la météo, était plutôt clément à la dernière foire du livre de Londres qui s'est tenue du 14 au 16 avril. " Mes interlocuteurs sont beaucoup plus optimistes que les précédentes années, constate Florence Maletrez, directrice des droits de Plon. Après deux années moroses, les gens sont un peu plus joyeux." Les affaires reprennent pour les pays présents à cette rencontre intermédiaire, entre deux foires de Francfort.

Les éditeurs français étaient en majorité réunis sur les 400 m2 du stand du Bief (12 m2 de plus), idéalement situés, en face l'entrée principale, sous une verrière. La fiction française a d'ailleurs attiré plusieurs éditeurs étrangers qui se sont battus notamment pour acquérir les droits de Je suis là de Céline Avit, premier roman à paraître le 27 mai chez Lattès. 240 professionnels français avait pris un badge auprès du Bureau international de l'édition et ont fait le déplacement pour voir leurs coéditeurs habituels, sentir les tendances ou coordonner les coéditions et parutions internationales.

Pour encourager les échanges entre éditeurs français et britanniques, le Bief a programmé juste après la foire, ce vendredi 17 avril, des rencontres précisemment sur les secteurs de la littérature et des sciences humaines et sociales. Vingt-deux éditeurs français et une trentaine de représentants de maisons d’édition anglaises se sont inscrits.

Quelques "big books" orchestrés par les agents anglo-saxons ont fait du bruit, deux se démarquant particulièrement : Homegoing de Yaa Gyasi, l'histoire de deux demi-soeurs qui vivent au Ghana au XVIIIe siècle ainsi que The waters and the wild de Harrison DeSales un thriller sur un psychanalyste new-yorkais victime d'un mystérieux justicier après le suicide d'un de ses patients. Ils ont suscité des contrats à sept chiffres aux Etats-Unis. Le premier intéresse six éditeurs français mais les enchères sont encore en cours.

Les professionnels ont difficilement trouvé leur marque suite au déménagement et les organisateurs promettent des améliorations pour l'édition 2016. "Un déménagement, c'est comme construire une nouvelle ville ou un réseau routier, il faut du temps pour se familiariser", explique Jacks Thomas, la directrice de la foire qui promet une amélioration de la signalétique pour l'an prochain ainsi qu'une solution pour contourner les ascenseurs qui freinent la circulation entre le centre des droits et les stands d'éditeurs. "Suite à de nombreuses demandes, nous étudions aussi la possibilité d'ouvrir le centre des droits, un jour avant le début de la foire, dès le lundi", précise-t-elle.

Enfin, Jacks Thomas a démenti les rumeurs selon lesquelles la foire déménagerait au Excel center, un complexe assez excentré et annonce que la prochaine édition se tiendra, à l'Olympia Hall, du 12 au 14 avril 2016.


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