Une année de décélération pour la bande dessinée selon l’ACBD | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 29.12.2013 à 16h00 (mis à jour le 31.12.2013 à 10h47) Bilan

Une année de décélération pour la bande dessinée selon l’ACBD

Production, nombre de créations, nombre d'auteurs publiés : même s'il résiste à la crise, le marché de la BD se resserre, selon le rapport annuel 2013 établi par Gilles Ratier pour le compte de l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée. 

Pour la première fois depuis au moins 17 ans, la production d’albums de bande dessinée a diminué (-7,3%) en 2013, selon le rapport annuel de Gilles Ratier pour l’ACBD (Association des critiques et journalistes de bande dessinée). 5 159 livres ont été publiés, dont 2 257 traductions provenant essentiellement d’Asie (1 555) et des Etats-Unis (461). Le rapport précise qu’il n’y a eu que 1 436 véritables créations de bandes dessinées en Europe francophone pendant l’année 2013, soit 27,8 % de la production globale d’albums, soit une chute de 30% par rapport à 2012.
 
Malgré cette décélération nette, le marché résiste à la crise. Le dernier Astérix est en tête des meilleures ventes depuis sa parution en octobre. Au total 117 titres ont connu un fort tirage à plus de 50 000 exemplaires, soit 28 de plus que l’an dernier. Astérix surclasse toute la concurrence avec 2,48 millions d’albums imprimés, devant le 22e Blake et Mortimer et le 18e tome du Chat. Mais « à quelques rares exceptions près, les chiffres de tirage des locomotives du secteur sont tous en baisse » et « il semble donc que c’est l’augmentation des titres tirés entre 20 000 et 50 000 ex. [288 en 2013 contre 284 l’année passée] qui assure la bonne tenue du secteur » explique le document.
 
332 éditeurs (soit 6 de plus que l’an dernier) ont édité un album. Le « big 4 » (Média-Participations, Glénat, Delcourt et Madrigall) continue de dominer le marché avec 43,7% de la production. 9 autres éditeurs confortent leurs positions avec plus de 25% des parutions. « Cette concentration de l’édition laisse peu de place aux autres entreprises, certaines reconnaissant être en difficulté » précise le rapport. La mutation vers la diffusion numérique reste marginale même si elle s’organise du côté de l’offre légale.
 
« Selon des critères mis en place depuis 11 ans, 1492 auteurs réussiraient à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen ; par ailleurs, 1678 personnes ont publié au moins un album en 2013 (contre 1951 en 2012) » souligne Gilles Ratier, qui rappelle que les publications papier restent, toujours, le seul support rentable.
 
Cependant tout n’est pas noir. Le secteur est encore plein de vitalité. Le rapport Ratier constate une augmentation du nombre d’événements liés au 9e art : 514 manifestations en 2013 contre 489 l’an dernier. Les festivals, foires et salons gagnent en fidélité, ancienneté et légitimité. Le salon Japan Expo-Comics Con à Paris nord est devenu la manifestation liée au livre la plus fréquentée du territoire francophone, avec davantage de visiteurs que le FIBD d’Angoulême.
 
Enfin la BD n’a jamais autant intéressé le cinéma français : Les profs, film national le plus populaire de l’année, Boule et Bill, La vie d’Adèle (Palme d’or à Cannes),  Quai d’Orsay, Snowpiercer et Joséphine ont été de gros succès en salles, dépassant chacun les 500 000 spectateurs en France.
 
 
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