Le marché du livre russe a atteint 131,7 milliards de roubles (environ 1,24 milliard d’euros) en 2025, soit une hausse de 12,3 % sur un an, selon les données publiées par le magazine professionnel Knizhnaya Industriya. Une croissance qui repose toutefois, d'après l'analyse du média professionnel, largement sur la hausse des prix et sur le développement des ventes en ligne et du numérique.
Dans le même temps, le nombre d’exemplaires vendus a en effet reculé, passant de 233 millions à 229 millions de livres écoulés, une baisse d’environ 3 %.
Les plateformes de commerce en ligne, comme Ozon, ont représenté à elles seules 23 % de la croissance du marché, tandis que les ventes de livres numériques au total ont progressé de 25,4 %, précise Knizhnaya Industriya. Les ventes de livres audios progressent de 34,5 % tandis que les ebooks augmentent de 20,6 %.
Lois fédérales de vérification des contenus
« L'un des principaux défis pour les éditeurs a été l'entrée en vigueur de nouvelles lois fédérales exigeant la vérification du contenu de tous les livres. Ces lois complexifient le travail des éditeurs et des auteurs, allongeant les délais de préparation des manuscrits et ralentissant le rythme de production. Par ailleurs, la hausse des coûts d'étiquetage et d'impression a également contribué à l'augmentation des prix des livres », peut-on lire dans l'article de nos confrères russes.
Les librairies physiques sont dans ce contexte particulièrement affaiblies. Leur chiffre d’affaires global recule de 1,2 % à 36,98 milliards de roubles (environ 349 millions d’euros), tandis que leurs ventes en exemplaires plongent de 14,6 %, pour tomber à 63 millions de copies, soit une chute de 39,4 % depuis 2021. Les coûts d’exploitation auraient augmenté de 12,6 % en moyenne et 338 points de vente auraient fermé leurs portes en 2025.
Côté contenu, la fiction progresse de 13,2 % dans le commerce physique, tandis que la littérature jeunesse gagne 3,9 %. À l’inverse, les livres éducatifs reculent fortement (-20,1 %), les achats se déplaçant vers les plateformes en ligne. La non-fiction recule également de 5,3 %, pour la deuxième année consécutive.
