Dans le livre comme ailleurs, les offres dites illimitées ne sont rentables que si le consommateur se montre frugal. Chez Youboox comme chez Youscribe ou Izneo, les éditeurs se partagent le chiffre d’affaires des abonnements (8 à 10 € mensuels) au prorata de la consommation des lecteurs, moins la remise de l’opérateur (40 % chez Youscribe, 50 % chez Youboox, Izneo ne précise pas). S’il y a peu d’abonnés, de surcroît avides de lecture, la recette moyenne par livre sera moindre. S’ils sont 100 000 au lieu de 5 000, et s’ils oublient la boulimie de lecture qui les animait au moment de donner leur numéro de carte bancaire, c’est tout bénéfice pour les éditeurs et les auteurs. Comme dans un restaurant qui offre le buffet à volonté, l’affaire est d’autant plus rentable que les clients sont nombreux mais vite rassasiés.
Certains éditeurs ont négocié un revenu minimal pour se prémunir des aléas liés à la variation du nombre d’abonnés et de leur consommation. Amazon a choisi de régler le prix du livre quand le lecteur en a lu plus de 10 %. Le site prend ainsi le risque de surconsommation à sa charge. C’est aussi ce que propose Oyster, adossé à ses 17 millions de dollars de capital, pour convaincre les éditeurs américains de lui confier au moins du fonds, et attirer ensuite des abonnés. Le site ne révèle pas leur nombre. Mais HarperCollins, Perseus, Simon & Schuster et Wiley ont signé. Pour séduire financièrement les éditeurs français et enrichir son catalogue, Youboox prévoit de lancer une augmentation de capital de "2 à 3 millions d’euros au printemps 2015", annonce Hélène Mérillon. H. H.
