Premier grand rendez-vous de la rentrée littéraire, le Livre sur la Place investira Nancy du 11 au 13 septembre. La manifestation, organisée par la Ville de Nancy en lien avec l’association de libraires Lire à Nancy et sous le parrainage de l’Académie Goncourt, attend 130 000 visiteurs pour cette 48e édition. Plus de 500 auteurs et autrices sont annoncés, dans une programmation déployée dans plusieurs dizaines de lieux de la ville.
Le festival sera coprésidé par l’historien israélien Élie Barnavi et l’essayiste et poète palestinien Élias Sanbar. Leur présidence sera placée sous le signe du dialogue entre les peuples. Les deux hommes ouvriront notamment le festival samedi 12 septembre à l’Opéra national de Nancy Lorraine, avant de s'entretenir dimanche avec l’écrivain Colum McCann.
La programmation fera également dialoguer littérature et sciences, avec des rencontres consacrées notamment à l’intelligence artificielle, à la santé, à l’histoire ou encore aux grands enjeux contemporains. Plusieurs émissions de France Inter seront par ailleurs enregistrées ou diffusées depuis Nancy.
Une programmation renforcée pour la jeunesse
La jeunesse constitue l’un des axes développés cette année. Le festival lui consacre plusieurs espaces avec, notamment, le P’tit Studio, destiné aux enfants de 3 à 12 ans, et un nouvel espace de lecture permettant de découvrir les albums des auteurs présents. Ateliers, lectures, rencontres, podcasts et animations sont proposés aux enfants comme aux adolescents.
Soutenu par le CNL, le P’tit Studio accueillera notamment des podcasts de France Inter, dont Tina et le serpent à plume ou Les Odyssées d’Alexandre Dumas. Des lectures, des rendez-vous autour d’auteurs jeunesse et des activités manuelles comme « Inventer l’impossible » seront également proposées. « La jeunesse occupera la première place du festival », affirme Sarah Polacci, commissaire générale du festival. Le week-end se terminera d’ailleurs par une boum destinée aux enfants, dimanche à 17 heures.
Des expositions et un hommage à Marjane Satrapi
Le Livre sur la Place s’accompagne également de plusieurs propositions artistiques. Le Goethe-Institut Nancy, partenaire du festival, présente notamment « Je suis ici. Poésie contemporaine de langue allemande », une exposition d’affiches conçue avec le Lyrik Kabinett de Munich.
Le festival rendra par ailleurs hommage à Marjane Satrapi. L'autrice de Persepolis, réalisatrice et plasticienne, décédée en juin dernier, sera mise à l’honneur dans le cadre d'une exposition dédiée.
Franck Thilliez sous la place
Depuis dix ans, le festival investit également des lieux plus inattendus avec le « Livre sous la Place », organisé par Indigo dans le parking Charles III. Franck Thilliez y rencontrera le public samedi 12 septembre à 10h30 autour de son nouveau roman L’Autre Moi (Fleuve). La rencontre, gratuite et sans réservation, sera suivie d’une séance de dédicaces.
Plusieurs prix remis à Nancy
Plusieurs prix littéraires seront décernées pendant les trois jours du festival. Parmi eux figurent le prix Livre et Droits Humains de la Ville de Nancy, créé en 2002 sous la présidence de Simone Veil, le prix Ginkgo – Louis Pasteur, consacré au livre audio, ainsi que la Feuille d’Or de la Ville de Nancy – Batigère, qui récompense un texte de la rentrée littéraire lié au Grand Est.
Le Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux, remis au Livre sur la Place depuis 1980, figure également au programme. Le festival accueillera par ailleurs la délibération finale du prix métropolitain du réseau Stan, lancé en 2025 et consacré à un roman francophone de la rentrée d’hiver autour du voyage. Enfin, le prix du Livre Environnement de la Fondation Veolia, créé en 2006, sera remis à Nancy comme chaque année.
Anne Godard et Élise Lespade déjà récompensées
Plusieurs prix associés au Livre sur la Place ont déjà été attribués. Le prix des Libraires de Nancy – Le Point revient à Anne Godard pour Nous aussi (Actes Sud). Le prix Stanislas du meilleur premier roman de la rentrée littéraire 2026 a quant à lui été attribué à Élise Lespade pour Paradisi Gloria (Le Cercle ouvert).
L’attribution du prix Stanislas intervient dans un contexte de renouvellement de son mécénat : Groupama, qui achetait jusqu’ici 500 exemplaires du lauréat, a mis fin à son engagement. Le nouveau mécène MMA apporte une dotation globale de 30 000 euros au Livre sur la Place, permettant notamment de maintenir la dotation du prix. Sarah Polacci, commissaire générale du festival, précise toutefois avoir choisi de ne pas flécher directement les nouveaux financements privés sur le prix.
« Les temps sont durs, la raison on ne la connaît pas vraiment, c’est venu un peu brutalement », explique Sarah Polacci, qui dit avoir depuis retrouvé un niveau de financement équivalent. Trois nouveaux mécènes ont rejoint cette année le Livre sur la Place : MMA, le groupe hospitalier Saint-Charles et le Louis XV, le restaurant de l'Hôtel de la Reine, place des Carrières, ce dernier prenant notamment en charge les cocktails destinés aux auteurs.
Sarah Polacci : « Il est urgent de s’appuyer encore plus sur le mécénat »
Avec un budget inférieur à un million d’euros, le festival ne tire aucune recette de son implantation commerciale. Les éditeurs présents ne louent pas leur stand à la manifestation et les libraires ne reversent pas de pourcentage sur leur chiffre d’affaires. « Les mécènes occupent une place prépondérante dans le bon fonctionnement du festival et je ne veux pas que cela change », souligne Sarah Polacci.
La commissaire générale insiste également sur le rôle des collectivités dans le maintien de l’équilibre financier : aucune des aides publiques n’a diminué cette année. « Les collectivités nous portent toujours aujourd’hui », affirme-t-elle.
Après cinq années à la tête du festival, la Sarah Polacci estime désormais nécessaire de poursuivre la recherche de financements privés. « Il est urgent de s’appuyer encore plus sur le mécénat », lance-t-elle, tout en évoquant la nécessité de « sensibiliser le public » et de trouver d’autres sources de revenus.
Cette recherche intervient alors que le festival poursuit son développement. Programmant plus d'auteurs alors que côté librairies, Sarah Polacci évoque par ailleurs une légère progression des ventes, observée chaque année depuis plusieurs éditions.
