Tahiti réunit les lecteurs polynésiens | Livres Hebdo

Par Anne-Laure Walter, à Papeete, le 15.11.2016 à 19h24 (mis à jour le 05.04.2017 à 10h47) Festival

Tahiti réunit les lecteurs polynésiens

Moins de monde mais plus de ventes au salon Lire en Polynésie dont la 16e édition, qui s'est tenue du 10 au 13 novembre à Papeete, a été marquée par une implication plus grande des pouvoirs publics. 

A la Maison de la culture Te Fare Tauhiti Nui, le public s'est pressé sur le paepae pour écouter la quinzaine d'auteurs dont Marin Ledun et Pierre Cornuel venus de France, invités à échanger autour du thème " Leur vision du monde " au  cœur de la 16de Lire en Polynésie. Ce salon, organisé par l'association des éditeurs de Tahiti et des Îles (AETI), s'est tenu du 10 au 13 novembre à Papeete. " Cette manifestation permet de mettre en lumière le travail des éditeurs ici et, pendant quatre jours, stimule le marché ", précise Christian Robert, le directeur des éditions Au vent des îles et président de l'association, qui tire un bilan positif de cette édition. 

Généralement les scolaires constituent le gros des visiteurs mais le déplacement des vacances de la Toussaint, décidé l'été dernier alors que le festival était déjà programmé, a amputé le salon de ce public entrainant une baisse de la fréquentation avec environ 1000 visiteurs en moins. Cependant, les habitants de Tahiti - et pas seulement les expatriés puisque le public était principalement polynésien - se sont rendus massivement (autour de 5 000 visiteurs) à ce rendez-vous. Du coup, les ventes sur les stands des neufs éditeurs exposants ainsi que de la librairie Odyssée étaient en hausse par rapport aux années précédentes.

Implication du gournernement

Outre le soutien de la population, le salon a pu compter sur celui des politiques avec la venue, chose inédite, du président du territoire Édouard Fritch mais aussi les ministres de la culture et de l'éducation. "Longtemps la Polynésie misait uniquement sur les bungalows, l'eau turquoise et le sable blanc. Si l'on veut développer le tourisme dans ce pays, il faut changer de logiciel en s'appuyant sur deux axes: la culture et l'environnement" affirme le ministre de la culture Heremoana Maamaatuaiahutapu.

Et le projet de médiathèque territoriale, qui traînait depuis une quinzaine d'années, passe à la vitesse supérieure. Les premières pierres de ce vaste projet de 1 600 m2 (contre 476 m2 pour l'actuelle médiathèque), qui mobilisera 50 millions d'euros de budget, pourraient être posées fin 2017. "Ce sera le plus gros investissement réalisé pour la culture en Polynésie" confirme le ministre.

Une littérature du Pacifique

Le salon tente de valoriser une littérature d'Océanie invitant des Polynésiens comme Titaua Peu dont le Pina a été une des meilleures ventes du salon avec plus de 200 volumes écoulés, mais aussi des Néo-Calédoniens comme Gildas Gâteblé et Virginie Soula ou un poète australien Peter Bakowski afin que les "voisins se lisent" selon la formule de Christian Robert. Au vent des îles traduit beaucoup d'auteurs anglophones du Pacifique comme la Néo-zélandaise Patricia Grace ou dernièrement le Papou Russell Soaba. 

Mais comme le souligne la Polynésienne Chantal Spitz "être francophone dans un univers anglophone ce n'est pas facile pour envisager une littérature océannienne. La barrière est le manque de traduction du français vers l'anglais" déplore l'auteure de L'île des rêves écrasés
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