28 février > Roman France > Diane Ducret

Essayiste - Femmes de dictateur (Perrin, 2011), La chair interdite (Albin Michel, 2014) - et romancière - L’homme idéal existe : il est québécois (Albin Michel, 2015, J’ai lu, 2017), Les indésirables (Flammarion, 2017) -, Diane Ducret, née en Belgique en 1982, qui a grandi à Biarritz, écrit des livres où les femmes jouent les premiers rôles, capables de trouver dans des péripéties traumatiques ou des événements qui les malmènent des ressorts de vitalité - et d’humour - insoupçonnés. La narratrice de La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, Enaid, 33 ans, qui emprunte de nombreux traits biographiques à l’écrivaine, appartient à cette catégorie de guerrières équipées d’une stimulante capacité à rebondir.

La vie n’a pas été douce avec cette jeune femme entourée de démissionnaires et de déserteurs : sa mère, Lena, l’extravagante créature de la nuit déchue de ses droits parentaux, son géniteur à la paternité intermittente, ses amours successives, du jeune inconséquent au violent pervers narcissique qui a brutalisé ses 18 ans en passant par les hommes de seconde main effrayés par l’engagement, dont le dernier qui vient de lui signifier son congé au téléphone. Les seuls à veiller sur elle depuis ses trois ans sont ses grands-parents paternels qu’elle a longtemps pris pour ses parents adoptifs, maladroitement attentionnés et dépassés face à l’adolescente, qui au milieu des années 1990 passe ses nuits à danser sous speed dans les boîtes du Pays basque espagnol. "Impossible" est le mot devant lequel Enaid rue depuis toujours, surtout lorsque les séquelles d’une blessure à la cheville due à une chute accidentelle à 13 ans, lors d’un concours hippique de saut d’obstacles, semblent la condamner aux béquilles pour le reste de sa vie.

"Je suis en cavale, et c’est moi que je fuis", observe celle qui, en manque d’amour et d’assurance, va pourtant se remettre sur ses deux pieds et démentir ainsi la "loi d’Enaid", cette version personnelle du "pire est certain", sauvée par son endurance et sa volonté, et armée d’un sens aigu de l’autodérision.

Véronique Rossignol

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