Comptant avec Plantu parmi les dessinateurs les plus emblématiques du Monde, Serguei est mort jeudi 8 janvier, révèle le journal du soir.
Entré au Monde en février 1981 – il y a publié quelque 6 000 dessins tout au long de sa carrière – Serguei n’était pas dessinateur politique ou d’actualité, mais plutôt « un poète capable de mettre en dessin et de rendre immédiatement lisibles des concepts abstraits, des idées universelles, des mondes rêvés », le dépeint Lucas Delattre dans la nécrologie qui lui est consacrée.
Serguei, de son vrai nom Sergio Goizauskas, a vu le jour à Buenos Aires, le 28 avril 1956, d’une mère d’origine russe et d’un père d’origine lituanienne. Il s’est installé à Paris en 1976 pour échapper à la dictature du général argentin Jorge Rafael Videla. Avant d’entrer au Monde, il a publié ses dessins dans de nombreux titres de presse comme Marie France, L’Écho des savanes, L’Express ou le New York Times.
Auteur de livres de dessin et de romans
Outre son activité de dessinateur de presse, il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages de dessins. En Argentine, il a publié son premier livre à 18 ans, en 1974 : Serguei O No Serguei (Corregidor). En France, on lui doit La Vie exemplaire et héroïque de l’employé de bureau (Denoël, 1987) ou Et pourtant, elle tourne, recueil édité par Le Monde en 1989.
Dans son dernier livre, Le Tango du dessinateur (Herodios, 2020), il présente une sélection de 300 dessins parmi 6 000 parus dans Le Monde. Il a aussi publié plusieurs romans comme L’Ivresse des livres (Stock, 1994), Dieu, les Anges et la Femme (Seuil, 2001) ou encore La Poubelle des merveilles (Albin Michel, 2018).
Artiste éclectique, Serguei était aussi musicien. Il est l’auteur des albums Falistanie (1997) et Révolution Tanguera (2005). Paru en 2008, L’Homme nu, un opéra BD publié aux éditions BD Music, met en chansons et piano solo une bande dessinée publiée dans Le Monde au cours de l’été 2007.
