Se souvenir de la rafle du Vel’ d’Hiv’ jusqu'en librairie | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 13.07.2017 à 15h00 Bibliographie

Se souvenir de la rafle du Vel’ d’Hiv’ jusqu'en librairie

Le monument de la rafle du Vel’ d’Hiv’, quai de Grenelle à Paris. - Photo LEONIEKE AALDERS/CC BY-SA 3.0

Plus de 13000 personnes ont été arrêtées les 16 et 17 juillet 1942. L’épisode de la rafle du Vel’ d’Hiv’ et plus largement de l’histoire de la Shoah en France font encore l’objet d’ouvrages déjà parus ou à paraître. 

Les 16 et 17 juillet 1942, la rafle du Vel’ d’Hiv’ a provoqué l’arrestation massive de plus de 13000 personnes, dont près d’un tiers d’enfants. Déportés dans les camps de concentration, ils ont été moins d’une centaine à revenir. A l’occasion des 75 ans de l’épisode funeste, qui fera l'objet de célébrations nationales, Livres Hebdo recense les ouvrages parus, depuis janvier 2017, ou à paraître, sur la Shoah en France. 
 
La rafle du Vel’ d’Hiv’
 
Elkana a publié, le 22 février, Si tu es un homme…: Henri Boret, toute une vie de Benny Borest. Celui-ci retrace l’itinéraire d'Henri Boret, juif ayant survécu à la Shoah. Agé de 8 ans lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, il vit l'antisémitisme, l'Occupation, est témoin de l'arrestation de son père, de la rafle du Vél' d'Hiv, avant de fuir en zone libre, de Châteauroux à Lyon, puis en Suisse. Décédé en 2013, il a été une figure centrale de la solidarité dans la communauté juive en France.
 
Née à Berlin en 1918, Eva Tichauer se réfugie en France avec sa famille, d’abord à la frontière espagnole puis à Paris. En 1941, son père est arrêté. En juillet 1942, Eva Tichauer et sa mère sont victimes de la rafle du Vel’ d’Hiv. Elles sont déportées à Drancy puis à Auschwitz. Après 32 mois passés dans le camp, elle seule sera libérée vivante. Son témoignage a été édité par les Impliqués éditeurs, le 29 mai, sous le titre Grâce à mes yeux bleus, j’ai survécu.  
 
La rafle du Vel’ d’Hiv’ s’invite également dans la fiction. Catherine Cerf-Verny aborde les traces laissées dans la vie des rescapés, dans Les ailes de Nathan (L’Harmattan, avril 2017). On y rencontre Ella, 37 ans, spécialiste de la Russie et d'Anna Akhmatova, émue par l'histoire de Nathan, soixantenaire rescapé de la rafle du Vel’ d'Hiv’ du 16 juillet 1942. Elle décide de l'aider à retrouver goût à une vie qui ne le tente plus, grâce à la musique, à la poésie et à l'amour.
 
Dans L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski, à paraître chez Robert Laffont le 24 août, Romain Slocombe, évoque cette arrestation massive à travers Léon Sadorski qui doit participer à la Rafle, exigée par les nazis et mise en œuvre par la police française. Le destin de Julie Odwak, sa voisine qu'il convoite en secret, semble alors menacé.
 
Le médecin Jean-Jacques Erbstein livre le 1er octobre son Homme fatigué: Budapest, Paris, Jérusalem (Feuillage). Dans ce roman, l’auteur raconte l’histoire du peuple juif, de la rafle du Vél'd'Hiv à la guerre des six jours en passant par l'insurrection de Budapest en 1956, à travers les yeux d’un homme rescapé du camp d’Auschwitz devenu journaliste de guerre.
 
La Shoah en France
 
Dans La mémoire des Kawer, paru chez Perrin le 9 février, Hubert Cavert retrace l’histoire et le sort de sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Autrichien de confession israélite, Herbert Kawer grandit à Vienne avant de rejoindre, à l’âge de 10 ans, son père à Bordeaux. Ce dernier est arrêté le 23 février 1943 et l’adolescent est pris en charge par un réseau de résistance. Devenu adulte, Herbet Cawer acquiert la nationalité française au nom d’Hubert Cavert.
 
Jacqueline Reznik-Elgrably est née à Paris en 1941 et cachée par sa mère, à l’âge de deux ans, chez des paysans à la campagne. Après le décès de celle-ci en 2006, Jacqueline Reznik-Elgrably retrouve dans ses affaires de nombreux éléments lui permettant de retracer son histoire familiale, notamment pendant l'occupation allemande. Elle publie quinze lettres écrites par son père, emprisonné au camp de Drancy puis déporté à Auschwitz, et relate leur vie pendant la guerre. Son témoignage est édité par le Manuscrit, le 13 février 2017, sous le titre Réveil tardif d’une enfant cachée.
 
Hélène Gutkowski regroupe, dans De la France occupée à la pampa: mémoires entrelacées de trente survivants juifs émigrés en Argentine (Le Manuscrit, juin 2017) les mémoires de juifs français établis en Argentine après la Seconde Guerre mondiale. Ils brossent un tableau de l'occupation allemande en France et des persécutions dont ils ont été victimes.
 
Sous la direction de Judith Lindenberg, un ouvrage collectif, à paraître le 21 septembre aux CNRS Editions, se penche sur la question de L’écriture de la destruction: les premiers récits de la Shoah.
 
Chez Bréal, Anastasio Karababas livrera, le 6 octobre, une synthèse pour comprendre la Shoah et ses enjeux dans La Shoah.
 
Enfin, avec Enseigner la Shoah et les questions socialement vives (L’Harmattan, 22 mars), Patricia Drahi propose une étude consacrée à l'expérience de l'enseignement de la Shoah en France par des professeurs de collège et de lycée. S'appuyant sur des entretiens avec des professeurs exerçant dans des établissements à recrutement social différencié, elle fait ressortir les difficultés rencontrées et les réponses éducatives et pédagogiques mises en œuvre. Des styles d'enseignement adaptés sont ainsi identifiés.
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