"A mi-parcours de notre vie/ Je me trouvais dans un bois sombre :/C’est que j’avais perdu ma route": il n’y a rien de plus connu que les trois vers introductifs de La Divine comédie, de Dante. Le romancier et traducteur René de Ceccatty s’est attaqué à un monument de la littérature mondiale et a retraduit les 14000 vers que compte le long poème de l’écrivain, poète et homme politique florentin du XIIIe siècle, Dante Alighieri (1265-1321). Points publie cette nouvelle traduction le 24 août, au prix de 13,90 euros.
A la suite du poète Virgile, Dante y visite "l’Enfer et ses damnés en proie à mille tourments, la montagne du Purgatoire, intermédiaire entre l’humain et le divin, peuplé d’anges, d’artistes et de songes; et le Paradis où, guidé par Béatrice, le poète ébloui vole de ciel en ciel avant d’accéder à la vision divine".
"La particularité de ce chef-d’œuvre est d’être à la fois un voyage chez les morts, une chronique politique, un traité de géographie et de cosmogonie et un ouvrage de réflexion théologique et philosophique" commente René de Ceccatty, qui s’explique longuement sur près de 100 pages de préface sur ses choix de traduction, dont celui de l’octosyllabe notamment, et l’absence de notes, "pour que la lecture soit, sinon totalement courante, plus qu’elle ne l’est d’ordinaire".
S’il a écrit nombre de romans, d’essais et d’adaptations pour le théâtre, René de Ceccatty a une œuvre importante de traducteur. Il a cotraduit du japonais avec Ryôji Nakamura les livres de Kenzaburo Oé, Abe Kobo, Soseki et Yukio Mishima. On lui doit aussi la traduction en français des grands noms de la littérature italienne que sont Pier Paolo Pasolini, Alberto Moravia, Giacomo Leopardi, Umberto Saba, Michel-Ange, Pétrarque. "… sans doute le traducteur ressemble-t-il à un musicien, à un pianiste que ne découragent pas les innombrables interprétations du Clavier bien tempéré ou des concertos de Brahms, des pièces de Schumann ou des Variations Diabelli par de grands maîtres, et dans le cas de retraductions, admire-t-il ses devanciers, auxquels inévitablement il reproche et emprunte certaines méthodes, certaines trouvailles" se justifie-t-il encore en introduction.
