Pourquoi lire pour aller mieux ? | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, le 21.11.2013 à 18h40 (mis à jour le 21.11.2013 à 19h00) Développement personnel

Pourquoi lire pour aller mieux ?

Photo (C) FLICKR

Le prix de la recherche universitaire distingue une thèse de sciences politiques sur les lecteurs d’ouvrages de développement personnel.

Organisé par Le Monde, le prix de la recherche universitaire, présidé par le philosophe Edgar Morin dans la catégorie sciences sociales, a distingué comme chaque année cinq thèses, dont l’une est consacrée à la Sociologie de la pratique de lecture du développement personnel en régime d’autonomie.
 
"La question n’est pas de savoir si les individus ont tort ou raison de lire ces ouvrages, mais de comprendre comment il est possible qu’ils trouvent du sens à cette lecture" explique Nicolas Marquis, auteur de cette thèse soutenue l’an dernier à l’université Saint-Louis de Bruxelles.
 
A partir de 50 entretiens avec des lecteurs et des 300 lettres adressées à des auteurs de livres de développement personnel, il analyse que cette pratique répond à une pression sociale : "quelle est cette société dans laquelle des individus, lorsqu’ils rencontrent un problème dans leur vie, se mettent à lire des ouvrages dans la perspective de travailler sur eux-mêmes ? C’est la société de l’autonomie comme condition" explique-t-il dans l’article de présentation de son travail, publié dans Le Monde daté du 21 novembre.
 
"Dans nos façons d’expliquer et de dépasser nos problèmes les plus graves, comme les plus quotidiens, nous comptons d’abord sur nous-mêmes, et nous attendons que les autres agissent de la même façon" ajoute-t-il, ce qui aboutit à de nouvelles formes d’inégalités admises, "entre ceux qui prennent leurs responsabilités et ceux qui, au contraire, se contentent de se plaindre". Nicolas Marquis a également proposé une interprétation du travail de résilience qu’entreprennent les lecteurs de livres de développement personnel dans cet article en anglais.
 
"Ce prix offre la possibilité à cinq docteurs récemment diplômés en sciences dites « humaines et sociales » de publier leur thèse aux Presses universitaires de France" rappelle Le Monde.
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