Livres Hebdo : Vous organisez le Netflix Book Festival en partenariat avec le Centre national du livre. Comment est née l'idée de cette manifestation ?
Pauline Dauvin : Les adaptations d'œuvres littéraires sont très appréciées par nos abonnés : en 2025, elles ont généré plus de 9 milliards de vues dans le monde, soit 20 % des heures visionnées. Et nous avons constaté que ces adaptations donnent envie de lire. Nous voulions donc créer un rendez-vous pour célébrer les liens vertueux entre Netflix et le monde du livre, de la page à l'écran et de l'écran à la page. L'année 2026 s'est imposée naturellement pour concrétiser cette initiative, à l'occasion du 80e anniversaire du Centre national du livre.
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Comment définiriez-vous la stratégie de Netflix en matière d'adaptations ?
Tout part de l’histoire, et non du genre. Romance, thriller, classiques, nous ne nous interdisons rien. Ce qui décide de notre engagement, c’est la vision d’un.e créateur.rice et son parti pris artistique sur l’œuvre. En France, nous lançons Lupin Partie 4 le 23 octobre. Suivront La Part du mal, thriller adapté des romans de Mons Kallentoft (notamment Hiver, paru au Serpent à Plumes en 2009 et disponible en poche chez Points, ndlr) et Les Brumes, d’après Dans les brumes de Capelans d’Olivier Norek (paru chez Michel Lafon en 2022, ndlr) adapté par Matthieu Delaporte, Alexandre de la Patellière et Sylvain Caron.
Le marché des adaptations est en plein essor, avec des opérations comme Shoot The Book!. Comment Netflix repère-t-il et choisit-il les œuvres à adapter ?
Il n’y a pas de règle. Il peut s'agir d'un coup de cœur au sein de mon équipe créative, chargée du développement des films et séries pour la France, ou d'un projet porté par un scénariste ou un producteur. Netflix s'appuie aussi sur une équipe interne entièrement dédiée à la recherche d'œuvres littéraires à adapter, ce qui nous permet de repérer des pépites.
« Nous travaillons étroitement avec les éditeurs »
Certaines adaptations de classiques, comme Lupin, relancent les ventes des romans originaux. Quel rapport entretenez-vous avec leurs éditeurs ?
Nous travaillons étroitement avec les éditeurs, qui peuvent rééditer des ouvrages avec les visuels de nos programmes ou y apposer un bandeau « Vu sur Netflix ». C’est un puissant outil de prescription en librairie : selon NielsenIQ BookData, 69 % des personnes interrogées disent que cette mention peut leur donner envie de découvrir un livre. Ces liens se poursuivent au rythme des sorties de nos nouvelles adaptations. Pour le festival, nous avons sollicité, avec le soutien du CNL et de la Scelf, l'ensemble des maisons d'édition françaises disposant d'œuvres adaptées sur Netflix. Plus de 40 d'entre elles ont répondu présent.
Invitez-vous les éditeurs à présenter leurs ouvrages aux équipes de Netflix ?
Il n'existe pas d'accord-cadre global avec les maisons d'édition françaises : chaque ouvrage fait l'objet d'une démarche sur-mesure. Nous nous appuyons sur notre équipe interne dédiée à la recherche d'œuvres littéraires, sur les coups de cœur de nos équipes créatives et sur les projets portés par des scénaristes ou des producteurs.
Le CNL alerte sur le recul de la lecture. Comment transformer le spectateur d'une adaptation en lecteur ?
Nous avons constaté que les adaptations donnent envie de lire. Le bandeau « Vu sur Netflix » est un puissant outil de recommandation : 69 % des personnes interrogées disent qu'il peut les inciter à découvrir un livre, selon notre étude avec NielsenIQ BookData. Le festival prolonge cette logique en réunissant, pendant un week-end, passionnés de lecture et amateurs de séries ou de films autour d'une bibliothèque éphémère de 3 000 exemplaires de livres adaptés sur Netflix. À l'issue du week-end, tous les livres seront offerts au Samu social, pour prolonger le partage de ces histoires au-delà du festival.
