Le Paris Book Market (PBM) a refermé vendredi 5 juin les portes de sa 5e édition sur un bilan en nette progression. Organisé dans un espace de 1 450 m² au cœur du Marais, le rendez-vous professionnel dédié aux échanges de droits a accueilli plus de 300 professionnels étrangers inscrits, soit deux fois plus qu'à sa première édition en 2022, et enregistré plus de 4 500 rendez-vous programmés.
« Les rendez-vous sont d’une grande qualité, dans un climat à la fois beaucoup plus décontracté qu’à Francfort mais d’un grand professionnalisme », remarque Ebba Östberg, directrice de Forum, maison suédoise du groupe Bonnier. Elle est revenue à Paris pour la deuxième fois après avoir finalisé un accord l’an dernier.
Un calendrier décisif
Positionné début juin, le PBM occupe un créneau stratégique dans le calendrier éditorial international : entre la Foire de Londres (mars) et celle de Francfort (octobre), il coïncide avec la présentation des titres de la rentrée littéraire française.
Un calendrier que les participants jugent décisif. « Le timing est vraiment bon entre Francfort et Londres », souligne Emmanuelle Collas, éditrice à sa 4e participation, qui note une qualité d'engagement inédite cette année : « Ce qu'on ressent, c'est que les éditeurs sont là pour qu'on leur raconte des histoires et surtout pour acheter ».
Cette édition franchit plusieurs caps. Pour la première fois, le PBM accueille des professionnels étrangers en position de vendeurs de droits : 12 maisons néerlandaises, tous secteurs confondus, participent dans le cadre d'un focus Pays-Bas.
Elaine Michon, franco-néerlandaise de l'agence Elami Agency, représentant des catalogues néerlandais, flamands et allemands, tire un bilan positif de la manifestation. « Je vois ici des éditeurs que je ne vois pas forcément à Bologne ou à Francfort », et relève un format « plus compact » et « un environnement plus agréable », en écho à l'ensemble des participants interrogés.
Cette ouverture a mécaniquement élargi le profil des participants, avec près de 40 éditeurs français d'acquisition venus rencontrer ces acteurs néerlandais et les éditeurs des pays francophones. Le segment francophone hors France continue sa montée en puissance : 40 professionnels inscrits en 2026, contre 20 lors de l'ouverture à ces marchés en 2024.
Des professionnels aux profils variés
Le secteur de la bande dessinée bénéficie également d'une présence renforcée. Suite à l'annulation du Festival d'Angoulême, le PBM a ouvert ses tables aux éditeurs BD : 100 éditeurs étrangers du secteur sont présents cette année, contre 70 en 2025.
La dimension internationale attire désormais des professionnels au profil varié. Govind Decee, acheteur de la maison d’édition indienne Comics DC, est en quête de romans graphiques et de livres jeunesse. Il revient après sa venue informelle lors de la toute première édition, en 2022. « Ces connexions ont de la valeur, même si on ne signe pas de livre cette année », admet-il.
Paula Erizanu, professionnelle active sur les marchés roumain et moldave, apprécie la lisibilité du marché français qu'offre le PBM : « C'est vraiment intéressant d'apprendre toutes ces pratiques », notamment autour des cessions de droits poche, une spécificité française qu'elle n'avait pas rencontrée sur d'autres marchés.
Le format resserré sur deux jours constitue, selon les participants, un avantage concurrentiel direct face aux grandes foires. Yannick Dehée, des éditions Nouveau Monde, identifie quant à lui une tendance émergente : « Je note une véritable accélération sur les cessions de droits audio, et cela se ressent dans les échanges au PBM cette année ».
