Oubliée par Kechiche, Julie Maroh "n'en garde pas d'amertume" | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec vt, le 27.05.2013

Oubliée par Kechiche, Julie Maroh "n'en garde pas d'amertume"

L'auteure du Bleu est une couleur chaude, dont La vie d'Adèle est la "libre" adaptation", n'a jamais été remerciée publiquement par Abdellatif Kechiche. Cet oubli a entraîné de vives réactions auxquelles elle répondpar un blog.

Sur son blog "Les Coeurs exacerbés", Julie Maroh, l'auteure de la BD Le bleu est une couleur chaude (Glénat), a enfin évoqué La vie d'Adèle, Palme d'or du 66e Festival de Cannes qui s'est achevé hier (lire notre actualité).

Le film d'Abdellatif Kechiche est une "libre" interprétation de son album. C'est la première fois qu'un film adapté d'une bande dessinée reçoit la récompense suprême cannoise.

Pourtant Kechiche, sur la scène du Palais des Festivals, hier soir, n'a jamais mentionné le nom de Julie Maroh. Cet oubli a choqué de nombreux fans de l'auteure et de nombreux observateurs. Le réalisateur est observé à la loupe depuis les révélations du journal Le Monde sur les conditions du tournage, peu respectueuses du droit du travail.

Dans son texte intitulé "Le bleu d'Adèle", Maroh remercie "tous ceux qui se sont montrés étonnés, choqués, écoeurés que Kechiche n'ait pas eu un mot pour moi à la réception de cette Palme. Je ne doute pas qu'il avait de bonnes raisons de ne pas le faire, tout comme il en avait certainement de ne pas me rendre visible sur le tapis rouge à Cannes alors que j'avais traversé la France pour me joindre à eux, de ne pas me recevoir - même une heure - sur le tournage du film, de n'avoir délégué personne pour me tenir informée du déroulement de la prod' entre juin 2012 et avril 2013, ou pour n'avoir jamais répondu à mes messages depuis 2011."

Elle "n'en garde pas d'amertume" et confie que "le soir de la projection officielle de Cannes il y avait quelques témoins pour l'entendre me dire « Merci, c'est toi le point de départ » en me serrant la main très fort."

Dans son texte, Julie Maroh raconte : "Kechiche et moi nous sommes rencontrés avant que j'accepte de lui céder les droits d'adaptation, c'était il y a plus de 2 ans. (...) Je lui ai stipulé dès le départ que je ne voulais pas prendre part au projet, que c'était son film à lui." Mais elle précise en quoi cette adaptation "très très librement adaptée" demeure malgré tout, par de nombreux détails, qu'elle précise dans son texte, l'adaptation plutôt fidèle à son album.

Elle considère surtout que "cette conclusion cannoise est évidemment magnifique, à couper le souffle." Et elle ajoute : "Je reste absolument comblée, ébahie, reconnaissante du cours des évènements".
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