Orhan Pamuk rencontre les libraires français | Livres Hebdo

Par Pauline Leduc, le 13.09.2017 à 14h23 (mis à jour le 13.09.2017 à 15h43) Turquie

Orhan Pamuk rencontre les libraires français

Yvon Girard, Orhan Pamuk et son interprète le mercredi 13 septembre dans les salons Gallimard. - Photo PAULINE LEDUC/LH

A l’occasion de la parution du dernier roman de l’écrivain turc, Cette chose étrange en moi, Gallimard a invité une trentaine de libraires à rencontrer le prix Nobel de littérature.

Une trentaine de librairies ont pu, mercredi 13 septembre dans le salon bleu des éditions Gallimard, à Paris (7e) échanger avec l’écrivain turc Orhan Pamuk qui vient de publier chez l’éditeur son dernier roman, Cette chose étrange en moi (17 août). "Nous sommes extrêmement honorés de recevoir ce grand écrivain, prix Nobel de littérature, d’autant qu’il est très rare qu’il rencontre des libraires de cette manière", a souligné Bruno Caillet, directeur de la diffusion du groupe Madrigall, en ouverture de l’événement avant de passer la parole à Yvon Girard. Le directeur du développement éditorial de Gallimard a remercié l’écrivain pour sa fidélité à la maison où il est publié depuis 30 ans et souligné l’énorme retentissement de son nouvel ouvrage "dont 250000 exemplaires ont été vendus en Turquie depuis sa parution [chez Yapi Kredi Publications] il y a deux ans".
 
« Pour l’heure, je ne suis pas inquiété par le gouvernement turc » 
 
Orhan Pamuk a ensuite répondu, à grand renfort de sourires et d’humour aux questions de l’assemblée dans laquelle s’était glissés Antoine Gallimard, mais aussi l'éditrice d'Orhan Pamuk, Katharina Loix Van Hooff, et sa traductrice, Valérie Gay-Aksoy. Les échanges ont tourné autour du processus de création de Cette chose étrange en moi. L’auteur a travaillé durant six ans sur ce projet littéraire ambitieux, fresque historique de la vie à Istanbul entre 1969 à 2012 à travers les aventures d'un marchand de rue, Mevlut Karats.

L’écrivain a aussi évoqué la situation actuelle en Turquie, confrontée aux décisions liberticides de son président, Recep Tayyip Erdoğan. "J’ai eu des ennuis par le passé mais pour l’instant je ne suis pas inquiété par le gouvernement turc même si la situation est de plus en plus compliquée là-bas", a-t-il pudiquement résumé. Depuis 2005, Orhan Pamuk fait l’objet de sérieuses menaces après avoir, notamment, évoqué publiquement l’existence du génocide arménien et a dû s’exiler à cette époque aux Etats-Unis.

"A toute situation terrible, il faut chercher le pendant plus ou moins positif: les Turcs lisent de moins en moins les journaux à cause de la baisse de la liberté d’expression, donc ils se tournent vers les livres qui se vendent de mieux en mieux en librairie", a-t-il conclu.
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